AVERTISSEMENT. VU
A cette méthode je trouve deux inconvénients. D'abord M. Séailles fait la part trop belle à une foule d'organisations qui sont loin de valoir la sienne. 11 ne voit pas tout ce qu'il a fallu d'éducation et de sélection pour arriver des imaginations plates et vulgaires à celle dont il étudie si près de lui les riches ressources et les nobles aspirations. Mais s'il ne regarde pas assez au-dessous de lui, je me permettrai d'ajouter qu'il ne regarde pas non plus assez au-dessus. Il ne voit pas assez combien il est difflcile d'atteindre son niveau et difficile aussi de le dépasser. Quand de cette sphère déjà si élevée et déjà si lumineuse il prétend nous montrer le monde du génie comme un agrandissement tout naturel et presque voisin, je l'arrête, et je lui dis : « Vous franchissez bien aisément une bifurcation où il aurait fallu vous arrêter quelque temps. En y regardant de plus près, vous auriez vu là deux directions, l'une qui dévie vers l'exagération, vers le désordre et la maladie, l'autre qui va aux grandes découvertes et aux grandes œuvres, mais au prix de plus d'un sacrifice et à travers des obstacles que vous ne dites pasî »
En parlant de ces obstacles et de ces sacrifices, suis-je tenté de concéder cette fois que le grand homme est un malade et que le génie est une névrose? On verra que non. J'ai cependant lu avec patience les cinq cents pages de M. Lombroso. A ceux qui croient voir en lui un rénovateur ou un créateur, je demanderai ce qu'ils pensent de procédés « scientifiques » comme les suivants. M. Lombroso, parti pour nous expliquer les cas de folie qu'il croit voir chez tous les grands hommes, entame un développement sous cette rubrique : Folie morale. Et où la montre-t-il cette folie morale des hommes de génie? Dans quelques injures que se sont adressées des médecins déjà oubliés; dans les chicanes ou dans les disputes de Thompson, chirurgien et « homme de génie » avec un collègue nommé Ghassaignac. Il a encore la prétention de nous la faire