Dans une lettre à Metternich, citée par M. Jung
DE LA THÉORIE pS^fcTMttÀltfÔRPffDSE. 109
patience de les examiner, et voici ce qu'il nous en dit : « Si Ton considère seulement l'immense lecture, la puissance de mémoire et la plénitude de possession des textes que ces écrits supposent, on les croirait le résultat d'une vie entière uniquement employée aux études de théologie ou d'érudition. Mais quand on examine la mise en œuvre des matériaux qui les compolfent, on est plus surpris encore du contraste qui existe entre la sévérité prudente, presque austère, de ce même esprit dans les recherches mathématiques ou expérimentales, et son abandon complet aux spéculations systématiques.... Ce sont des tours de force, sans résultat.... Il n'en reste rien *. »
Mais cette division qui s'opère ainsi dans un même homme entre son génie et ses faiblesses, d'où vient-elle? Et comment comprendre exactement une telle anomalie? Voici une autre maxime de La Rochefoucauld *, qui nous l'explique en deux mots profonds : « Les grandes âmes ne sont pas celles qui ont moins de passions et plus de vertus que les âmes communes, mais seulement celles qui ont de plus grands desseins ». Voilà toute la vérité. Espérer que les grands hommes n'auront point de passions, point de défauts, est le fait d'une admiration naïve que notre nature, en somme, ne mérite pas. Attribuer la supériorité des hommes de génie à la vio-