‹ Psychologie des grands hommesChapitre 8 sur 98 · PSYCHOLOGIE COMPARÉE. XI · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE COMPARÉE. XI

de la psychologie comparée est que cette âme ne doit pas être uniquement étudiée dans l'ensemble régulier des facultés qu^elle manifeste chez la moyenne des homnies civilisés; qu'elle n'a pas toujours eu les mêmes aptitudes; qu'elle a, pour ainsi dire, grandi à travers les âges; qu'elle traverse aujourd'hui un certain nombre d'états extrêmement divers, depuis l'imbécillité jusqu'au génie; qu'elle a au-dessous d'elle, dans Tanimal, un analogue auquel il est impossible de ne point la comparer, quelle que soit d'ailleurs la part que Ton doive faire soit aux ressemblances qui les rapprochent, soit aux différences qui les distinguent. La psychologie comparée comprend donc la comparaison de l'homme actuel avec l'homme primitif ou sauvage; la comparaison de l'homme raisonnable avec l'homme aliéné, afifaibli ou dégénéré; la comparaison de l'homme ordinaire avec l'homme supérieur; la comparaison de Thomme et de l'animal. Il y a là, vous le voyez, un champ extrêmement vaste qui peut être indéfiniment remué. Le parcourir en entier nous serait impossible; il importe ^onc de bien marquer tout d'abord comment nous pensons nous y orienter.

Au xvii* siècle (je ne crois pas remonter trop haut), la psychologie était dominée tout entière par une conception unique : l'action de Dieu sur nos âmes expliquait tout. C'était une sorte de gravitation morale universelle, analogue à celle que Newton découvrait dans le monde physique. Les Descartes et les Malebranche ne voyaient dans les puissances de notre âme que le mouvement imprimé à la créature par son auteur, mouvement trop souvent arrêté ou détourné par la créature, mais demeurant néanmoins sous la main et dans la dépendance constante du Créateur. Je n'ai pas à vous apprendre que ce mode d'explication n'a pas gardé grande faveur bien longtemps. Les regards de la science

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