Vie, ch. XX ; Chdl., 6" dem., ch. xi
plus spéciilalive qu'aiïcclive, elle est grandement douteuse el digne de soupçon*. »
Les mystiques n'en affirment pas moins qu'ils ont, au cours de leurs transes, découvert de « grands secrets' », reçu de sublimes communications, acquis des connaissances admirables. Saint Ignace, en une seule heure de contemplation à Manrè^e, se flattait d'avoir appris plus de vérités sur les choses du ciel que n'eussent pu lui en apprendre toutes les leçons réunies do lous les docteurs de la terre. Dans l'extase, l'àme, dit sainte Thérèse, « se trouve instruite en un moment de tant de choses merveilleuses qu'elle n'aurait pu, avec tous ses eflorts, s'en imaginer en plusieurs années la millième partie' ». « Lorsque, dans une extase profonde, aflirnie une autre mystique (Marine d'Escobar), Dieu unit subitement l'àme à son essence, et qu'il la remplit de sa lumière, il lui montre en un moment les mystères les plus élevés et l'ensemble de ses secrets... » — On citerait par centaines des textes analogues.
On en citerait de non moins nombreux oîi les mystiques déclarent que rien de ce qu'ils ont entendu ou appris, ils ne sauraient l'exprimer. De même que Moïse ou Jérémie^ restaient nmets, d'avoir entendu l'Éternel, de même une Angèle de Foligno, dictant ses révélations, s'interrompra pour dire : « Tout ce que je viens d'articuler n'est rien ! Tout cela n'a pas de sens ! Je ne peux pas parler ! » Quelquefois, ajoute le frère Arnaud,
1. Ti\ de l'am. de Dieu, 1. VII, ch. vi ; cf. ch. v : « L'extase et le ravissement dépend totalement de l'amour. »