‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 101 sur 161 · Ib., 6" dem., cb. v ; cf. Vie, ch. xii, xxvii · texte numérisé non relu

Ib., 6" dem., cb. v ; cf. Vie, ch. xii, xxvii

4. Exode, IV, 10. ; Jerem., I, 6. — Cf. II Cor., xii, 4. « Raptus est in paradisum et audivit arcana verba quœ non licet homini loqui. »

«'crivant sous sa diclée, « quelquefois, dans les instants les plus sublimes, quand la parole lui manquait, vaincue par la liauteui' des choses, comparant ce qu'elle disait avec ce qu'elle avait voulu dire, elle s'arrêtait et me criait: « Je blasphème, frère, je blasphème I Noire pauvre langage humain ne convient giière que dans les occasions où il s'agit des corps et des idées: au delà, il n'en peut plus. S'il s'agit des choses divines et de leurs influences, la parole meurt absolument ». — Ce même aveu d'impuissance, on le retrouve chez tous les mystiques, en particulier chez sainte Thérèse '. Veulentils, faisant violence au langage humain, le contraindre à exprimer l'inexprimable, voici à quoi ils aboutissent. Ils nous parleront d'une « plénitude purement spirituelle », d'une « chose stable et permanente », d'une « certaine immensité et d'une majesté infinie » qu ils ont penjue. Ils ont vu, nous diront-ils, « Dieu s'aimant luimême », « la Trinité dans l'unité et l'unité dans la Trinité », ou encore « comment toutes choses sont contenues en Dieu », et de quelle manière « un seul Dieu est en trois personnes »... En un mot, ils balbutieront des paroles ou insignifiantes ou incompréhensibles : il semble que, trop tendues, les coi'des de la lyre aient cassé.

Si l'on admet avec eux que les sens et l'imagination n'ont point de part à leurs « expi'riences », l'impossibilité où ils sont de s'exprimer paraîtra toute naturelle. Qu'on prenne la phrase la plus abstraite en apparence, celle-ci, par exemple^: « Tàme possède Dieu dans la

Page 1