Vie, ch. XX, xxviii
2. Gard. Bona, De discretione spiritmim, c. 14. n. 3 ; cf. Ribet, II, ch. XIX.
3. Un exemple de ce gfnre de visions intellectuelles, emprunté à la vie de la mère Marie de l'Incarnation (ursuline), t. I, p. 77 :
« ... Toutes les puissances de mon âme furent arrêtées et pfitissantes dans l'impression qui leur étoit donnée de ce sacré mystère, (de la Trinité) laquelle impression étoit sans forme ni figure, mais plus claire et plus intelligible que toute lumière... me faisant voir le divin commerce que les trois divines Personnes ont par ensemble ; rintelligence du Père, qui se contemplant soy-mème engendre son Fils, ce qui a été de toute éternité et sera éternellement... Ensuite (mon àme) voyoit l'amour mutuel du Père et du Fils produisant le Saint-Esprit, qui se faisoit par un réciproque plongement d'amour, mais sans mélange et sans confusion... Voyant les distinctions, je connaissois l'unité d'essence dans les divines Personnes et... en un moment et sans intervalle de temps, je connaissois l'unité, les distinctions et les opérations (de cette très sainte Trinité) soit en elle-même, soit hors d'elle-même... »
s't'vanouissent', et font place à la contemplation directe et positive, avouj^lante et, par là même, douloureuse des attributs divins dits impariicipablefî (inlinité, éternité, aséité, etc..) : directe et positive, alors que l'esprit humain, livré à ses seules forces, ne les saurait concevoir qu'indirectement et par des négations de choses connues ; aveuglante et douloureuse par excès de lumière : un excès de lumière qui est la « grande ténèbre », la ténèbre par éblouissement ; douloureuse encore en ce que Dieu n'est entrevu qu'un instant et laisse l'âme en proie au mortel regret de ne pouvoir s'unir à lui. De telle sorte que, dans l'extase, la béatitude ne va jamais sans souffrance : c'est, dit sainte Thérèse, « un martyre ineffable de douleur et de délices^ ».
Les étals mystiques, au jugement de ceux qui les ont expérimentés, sont des états où le sentiment et lainour dominent. Et c'est ici le lieu de rappeler la phrase si connue de saint Fran<;ois de Sales sur « la bonne et divine extase » : « L'extase sacrée, dit-il, ne se prend ni attache jamais tant à l'entendement qu'à la volonté, laqu«dle clleesmeut, eschaufle et remplit d'une puissant»^ affection envers Dieu ; de manière que si l'extase est plus belle que bonne, plus lumineuse que chaleureuse.
1. Tel est du moins l'enseignement de la plupart des théologiens, notamment de saint Thomas (â. 2. q. 17.j. a. 3, ad. 1 ; ci. Hibet, II, c\\. xix). Mais il on est d'autres qui ne paraissent pas admettre que, miîme an plus haut degré de l'extase, la contemplation des attributs divins se réalise autrement que par des visions intellectuelles.