Nuit, obs., 1. II, ch. XVII
2. L'état de contemplation pure exclut (:es « faveurs » (visions, etc..) qui « se manifestent d'ordinaire sous des formes sensibles permettant de trouver des termes ou des comparaisons pour les exprimer » {Nuit obs., II, ch. xvn).
3. Sainte Thérèse, Vie, ch. xxiii ; Chat., o"^ dem., ch. i ; cf. Plotin, Ennéades, VI, vu, 3o : « En cet état, l'âme ne pense pas même à Dieu, parce que dans cet état elle ne pense pas du tout. »
4. Sainte Thérèse, Vie, ch. xviii ; cf. Chût., 5" dem., ch. i.
5. Vie, ch. xxvii ; cf. Bossuet, Instr. sur les états d'oraison, 1. I, § VIII ; « Les mystiques répètent à toutes les pages que la contemplation exclut, non seulement toutes images dans la mémoire et toutes traces dans le cerveau, mais encore toute idée dans l'esprit et toute
sions, mais je constate dt^'S à présent que, nième enten dues au sens littéral, elle nont rien qui contredise aux principes de la théologie mystique. Nos facultés ne s'exereunt que sur des représentations «'t des images. Dieu échappe à leurs prises. Ce pur esprit est essentiellement inintelligihle, et, s'il peut être senti, il ne peut être pensé, non seulement parce qu'il est au- <lessus de la pensée, mais parce (jue les éléments sensihles, constitutifs de la pensée humaine, ne sont pas lels qu il puisse se relléter en elle. Aussi, pour l'atteindre, faut-il renoncer à fout effort de l'imagination et du raisonnement : primo derelinquere omnia sen.nfjifia, dit saint Bonaventure', secundo omnia iniellifjiiilia... Le pseudo-Denys avait dit avant lui': « Pour toi, cher Timothée... abandonne les connaissances des sens elles opérations de l'entendement, tout ce qui est sensible ou intelligible, tout ce qui est ou n'est pas, pour t'élever, sans connaissances naturelles et dans la mesure qui te sera accordée, à l'union avec celui qui est au-dessus (le tout être et de toute science ».
Mais de ce que l'âme, dans l'état de contemplation pure, soit privée de pensée, il ne s'ensuit pas, d'après les théologiens mysli(jues, qu'elle tombe dans l'anéantissement. Et ils admettent la substitution possible <rune sorte d'illumination intérieure au procédé indirect et discursif. 11 dépendrait de Dieu de nous élever audessus de nous-mêmes, de nous mettre en face de la vérité nue, de se communiquer directement à nous sans
esiiéce intellectuelle... Si on les entend à la lettre, en certains i-tats on n'est plus uni à Dieu par l'intelligence, par la volonté, par la mémoire... »