‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 113 sur 161 · Vie, cil. XXV · texte numérisé non relu

Vie, cil. XXV

du ravissement : car alors... toutes ses puissances étant entièrement perdues en Dieu, elle ne peut ni voir, ni écouter, ni entendre... Mais une fois que ce temps si court est passé, l'âme persévère encore dans le ravissement ; ses puissances, sans être entièrement perdues en Dieu, demeurent néanmoins presque sans action ; elles sont comme absorbées et incapables de raisonner ; et c'est alors qu'elle entend les paroles divines *. »

Que l'extase inférieure ou que la période inférieure de l'extase (celle des représentations intenses) s'accompagnent d'un certain éréthisme de l'imagination, on ne saurait le nier ; et encore ne faudrait-il pas confondre cette surexcitation passagère avec un état d'exaltation réelle de la pensée. Mais cette surexcitation s'apaise dans l'extase supérieure, c'est-à-dire monoïdéique. Qui dit en effet monoïdéisme ou tendance au monoïdéisme, à l'unité de la conscience, dit par là même tendance à l'extinction de la conscience; et l'on ne voit pas à quel moment se placerait, au cours du processus extatique, l'état momentané de suractivité intellectuelle dont parle Ribot, état qui d'ailleurs ne laisse aucune trace. Qu'on ne m'oppose pas l'extase dite « des philosophes ». Cette extase (à supposer qu'elle existe autrement qu'en théorie) n'est pas monoïdéique. Le philosophe, le savant, absorbés dans une contemplation d'ordre scientifique ou moral, ne cessent pas pour cela d'analyser, de comparer, d'induire ou de déduire, en un mot de se livrer à une série d'opérations discursives excluant le monoïdéisme.

De cette loi, qui fait du monoïdéisme l'équivalent de

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