Vie, ch. XXV
MONTMORAND. 12
l'inconscience, les mystiques nous apportent, par leur tcinoijrnajîe, la démonstration expcriiiicntalo. Ils aiment à comparer leurs transes à une sorte de sommeil \ c'està-dire à un état, non d'excitation, mais de torpeur intellectuelle ; de fait, ils en sortent absorbés, appesantis, la mémoire et l'imagination « ébaubies » ^ ; et les textescités au chapitre précédent, bien d'aulres que l'on pourrait citer encore sont trop formels, trop concordants, trop conformes d'ailleurs à toutes les données psychologiques pour qu'on hésite à les prendre au sens littéral quand on y voit que la « contemplation pure » — l'extase à son degré supérieur — implique «la cessation de toute opération intellectuelle^ », ou du moins de toute opération discursive*.
La suppression de la pensée réfléchie se trouve, à vrai dire, retardée, chez les mystiques orthodoxes, à raison de la nature très particulière de l'état affectif qui envahit leur conscience, à mesure que la pensée s'en élimine.
Le mot d' « étal affectif » désigne, à lordinaire, une vague sensation cénesthésique de repos et de bien-être.
1. Sainte Thérèse, Vie, ch. xvi. — La plupart des classifications des états mystiques comprennent un degré qualifié de « sommeil spirituel ».