Ruysbroek
3. Sainte Tliérèse, Vie, ch. xx : « Ceii (la perte de la conscience) a <5té rare et a duré fort peu de temps. » — Cf. ib., ch. xviii, xxvii, et Châl., i\" dem., ch. i.
4. J. Maréchal, Sur quelques traits distinctifs de la mystique chrétienne (Revue de philosophie, sept.-oct. 1912).
5. Voici, groupés, les principaux textes do sainte Thérèse dans ce sens :
Vie, ch. XVIII : « La volonté est sans doute profondément occupée à aimer, mais elle ne comprend pas comment elle aime. Quant à l'entendement, s'il entend, c'est par un mode qui lui reste inconnu, et il ne peut rien comprendre à ce qu'il entend. Pour moi, je ne crois pas qu'il entende, parce que, comme je l'ai dit, il ne s'entend pas luimême. »
Ib., ch. XX : « Même cette manière d'entendre cesse, lorsque le ravissement est à son plus haut degré... Alors, à mon avis, on ne voit, on n'entend, on ne sent rien... Cette transformation totale de l'âme en
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l'extase supérieure s'accompagne d'un «'lai nianjué d'exaltation intellectuelle % et que la connaissance s'y réalise par des moyens surnaturels et profondément mystérieux ^
Dieu est de fort courte durée ; mais, tant qu'elle dure, aucune puissance n'a le sentiment d'elle-même, ni ne sait ce que Dieu opère. »
Jh., ch. XXIII : « Dans cet état, l'àme ne peut penser à rien. »
Ib., ch. XXVII : « Cette suspension complète et générale n'a pas toujours lieu dans la contemplation, elle est même fort rare ; mais dès qu'elle existe, je le répète, il n'y a plus de notre part.aucune opération, aucun acte ; tout est l'œuvre du Seigneur. »
Chût., 5" dem., ch. i : « Durant le peu de temps que l'union dure, l'àme est comme privée de tout sentiment, et, quand elle le voudrait, elle ne pourrait penser à rien... Dieu rend l'âme comme hébétée... Elle ne voit, ni n'entend, ni ne comprend pendant qu'elle demeure unie à Dieu, mais ce temps est toujours de courte durée. r>
d. Textes de sainte Thérèse dans ce sens :
Vie, ch. XII : « Quand le Seigneur arrête l'activité de l'entendement, il lui donne de quoi admirer et de quoi s'occuper ; sans raisonnement ni discours, il l'illumine de plus de lumière en l'espace d'un credo que nous ne pourrions en acquérir avec tous nos soins en plusieurs années. »
Vie, ch. \xvii : « L'àme se voit en un instant savante ; pour elle, le mystère de la très sainte Trinité et d'autres mystères des plus relevés demeurent si clairs, qu'il n'est pas de théologien avec lequel elle n'eiit la hardiesse d'entrer en dispute pour la défense de ces vérités. »
Chût., 6«* dem., ch. iv : « Quand l'àme est ainsi puriQée, Notre- Seigneur l'approche de lui d'une manière dont l'âme et lui ont seuls le secret ; encore l'àme ne comprend-elle pas cette opération au point de pouvoir ensuite l'expliquer, quoiqu'elle la connaisse par un sentiment intérieur. Car ceci n'est pas comme un évanouissement où l'on est privé de toute connaissance, tant intérieure qu'extérieure. «
Ib., 6" dem., ch. v : (Dans le ravissement, l'àme) « se trouve en un instant instruite de tant de choses merveilleuses qu'elle n'aurait pu, avec tous ses efforts, s'en imaginer, en plusieurs années, la millième partie. »
2. Ib., S" dem., ch. i : « Mais, me direz-vous, comment l'âme a-t-elle vu, compris qu'elle a été en Dieu et Dieu en elle, si durant cette union elle est hors d'état de comprendre et de voir? — Je réponds qu'elle ne le voit point alors, mais qu'elle le voit clairement ensuite, non par une vision, mais par une certitude qui lui reste et que Dieu seul peut lui donner. » — Ib., 6« dem., ch. iv : « Ce que je sais, moi, des âmes ainsi ravies, c'est que jamais elles ne furent plus éveillées aux choses de Dieu... Mais, me direz-vous, si les facaltés et les sens sont tellement absorbés qu'on peut les dire morts, comment l'àme peut-elle comprendre cette faveur? Je n'en sais rien, vous répondrai-je... — Si l'âme, direz-vous, ne garde pas le souvenir de faveurs pareilles (de certaines visions intellectuelles qui accom-
Que vaut l'affirnialion des mystiques touchant co mode de connaître? — Sont-ils dupes d'un phénomène (le psoudo-compréhcnsion, d'un de ces « sentiments intellectuels » que déterminent certains rêves ou l'ingestion de certains toxiques*, et ne font-ils que transposer après coup, en termes intellectuels, des états purement atTectifs? Ou bien faut-il admettre que l'intelli- <;('nce humaine, « au lieu de construire analogiquement et approximativement son objet en matériaux empruntés il la sensibilité, puisse quelquefois atteindre cet objet dans une assimilation imrm'diate''' » ; que l'extase, en un mot, dont les caractères nrgatifs sont indéniables, ait aussi des canuXhnis positifs, et qu'elle soit, suivant une formule un peu abstruse que j'emprunte à M. J. Maréchal, « lu synthèse d'une négativité empii"i(jue (?t d'une positivité transcendante » ?
Le psychologue ne peut, à mon sens, conclure, (0?nme tel, qu'à la « négativité empirique » de l'extase'.
pagnent le ravissement) quel avantage en retire-t-elle ?... Quelle trace en peut-il rester, si elles n'offrent prise ni à l'imagination, ni aux facultés supérieures'.' C'est là encore une chose que je ne comprends pas. »
1. W. James, L'expérience religieuse, cli. x : « L'étlier et surtout le protoxydc d'azote, suflisanimenl mélangé d'air, sont d'énergiques stimulants de la conscience mystique. A celui qui les respire se manifeste une vérité toujours plus profonde, d'abîme en abîme. Mais celte vérité fuit au moment du réveil ; s'il en reste quelques formules, ce lie sont que des inepties. Et puurtaul le sentiment persiste d'une imposante révélation, n
"i. J. Maréchal, Sur quelques Irails distinclifs etc..
3. Tel est aussi le sentiment de M. J. Maréchal : « Alors tout le splendide édifice, élevé durant les phases préparatoires de l'état d'union, s'elfoiidre dans l'inconscience absolue".' Oui, si l'esprit est laissé à ses propres forces... Non, si Dieu... se présente alors lui-même à l'àme, etc.. (A propos du senlimenl de présence citez les profanes el chez les mystiques, lievuedes questions scientifiques, Louvain, I0U8-1909, t. XIV, xv). — Et il dit ailleurs (Sur quelques traits (li^liiictifs, etc.) : « Puisque la psychologie humaine ne connaît pas d'intuition purement intellectuelle, absence de multiplicité signifie cessation d'acti-
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•C'est aiFairc au théologien d'en affirmer el, s'il se peut, d'en démontrer la « positivité transcendante ».