‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 124 sur 161 · Les Obsessions et la Psychasihénie, t. II, p. oOI · texte numérisé non relu

Les Obsessions et la Psychasihénie, t. II, p. oOI

iraulrc part, la théori»' soninanibLilicjuc exposée plu» haut, reste inadéquate à l'explication des laits...

Si, suivant le mot de M. Flournoy, c'est en vain (jiic Ton promène les mystiques dans les cadres les plus divers de la pathologie mentale, et si l'on n'en trouve aucun qui leur convienne exactement, — cela ne tiendrait-il pas à la complexité, à l'hétérogénéité ibncière des phénomènes groupés sous le nom d'extase?

L'extase, écrivait, il y a (|u<'l(ju('s années. .M. lier nard Leroy'.

n'est ni une maladie spéciale, ni un symptôme déterminé, ni un syndrome. C'est à un groupe tout à fuit artificiel et confus de faits disparates que les théologiens ont donné le nom d'extase. 11 y a probablement de tout là dedans, pêle-mêle, mais principalement : des faits de catalepsie, des faits de somiinmbulisme, des faits d'obsession, des faits de rêve ou d'états linllucinatoires, des faits d' « émotions sublimes », des faits de confusion mentale, etc.. etc.. Ai-je besoin d'ajouter que ces divers états dépendent de processus psychologiques extrêmement ditTércnts ? Les auteurs qui les ont jéunis sous une étiquette commune se sont laissés grossièrement abuser par des ressemblances purement extérieures.

Celte appréciation apparaît pleinement justiliée, en tant (juelle constate l'extrême complexité des phénomènes extatiques. Aussi ne me risquerai-jc pas à construire, après tant d'autres, une théorie « globale » de l'extase; et, de celles qui précèdent, je retiendrai .seulement ceci, à savoir qu(^ l'extase, quelque origine qu'on lui supi)Ose. est, sinon en elle-même un étal palholo-

1. LeUre à M. Marcel Hébert; voy. Hébert, Le Divin, Paris, 1907.

gique, du moins un élut qui so complique de nombreux pliénomènes palhologiqu(ïs. C'est ce dont ne disconviennent pas les théoloj^iens. « L'extase physique est, à nos yeux, déclare M. J. Maréchal ^ une adaptation défaillante de nos mécanismes somatiques à la surtension centrale excessive de la haute' contemplation intellectuelle. » L'extase, prononce de son côté M. L. de Grandmaison, « .l'extase (et je restreins ce nom présentement aux phénomènes d'inhibition, d'insensibilité temporaire, d'immobilité et de contracture, de courbature subséquente, de soustraction partielle aux lois de la pesanteur, de paroles et gestes automatiques) n'est pas un honneur, ni une puissance: elle est wi tribut payé jpar les mystiques à la fragilité luonaine' ».

De ce qui précède, il ressort que la pathologie de l'extase « explique beaucoup de choses^ ». — Mais elle nexplique pas tout; elle ne donne raison ni du contenu, ni de la valeur, extrêmement variable suivant les individus, des états mystiques.

.?ussi les auteurs, en particulier M. Delacroix, — tout son livre est fondé sur cette distinction — de distinguer les « mystiques d'ordre inférieur », les « bas mystiques », dont beaucoup « ne sont guère que des malades, qui groupent leurs symptômes autour dune idée religieuse », et les « héros du mysticisme », les

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