Jeanne d'Arc, préface, p. XXXV
mystiques («uitre une Jeanne d'Arc, par exemple, ou une sainte Thérèse et telle nonne illuminée, telle malade de la Salpètrière) que des différences « extérieures et contingentes », des difierenccs de réussite. Mèmcî abstraction faite de tout critérium fondé sur la moralité des sujets et sur leur valeur intellectuelle comparative, — c'est ce que je ne saurais admettre. Des affinités pathologiques ne constituent qu'un élément étroit et incomplet de classification ; et tels individus dont la pathologie est identique se distinguent les uns des autres par la façon dont ils réagissent contre leur mal. C'est eu égard à leur capacité de réaction que l'on doit classer les mystiques.
Les mystiques inférieurs sont de purs névrosés, des hystériques à tournure d'esprit religieuse. Or l'hystérique n'est, comme tel, que versatihté, puérilité, faiblesse, irrésolution ; un être dont la mémoire et l'intelligence, arrêtées dans leur développement, subissent une rapide altération progressive.
Les grands mystiques, eux aussi, sont des névrosés; mais leur état mental est indépendant de leur névrose, « à peu près comme le génie est indépendant des états névropathiques qui le compliquent parfois^ ». Ce que reconnaît, à propos de Jeanne d'Arc, M. Georges Dumas\ « C'est un trait du caractère, dit-il, que j'ai noté chez bien des mystiques supérieures' qui furent en même