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;i. Saint Ji'an de la Croix, Montée, 1. li, cb. xxi.
doutent, les fuient et en' déprécient la valeur*. « Un seul acte de volonté fait par amour a plus de prix devant Dieu que toutes les visions ou les révélations célestes », déclare saint Jean de la Croix" dans un texte déjà cité, où s'exprime la pure doctrine catholique; et il ajoute que, pour atteindre à l'union divine, il convient, non seulement de ne pas rechercher ces grâces de provenance et de qualité trop incertaines, mais encore de s'en défendre.
L'orthodoxie, comme on voit, fait au mysticisme sa part, mais elle limite cette part ; et c'est la sagesse du
1. J'ai déjà cité (voy. cli. v) bien des textes dans ce sens ; en voici d'autres, très caractéristiques, que j'emprunte à un mystique du XVII» siècle, saint Alphonse Rodriguez (io31-1617) :
« Cette personne (c'est de lui qu'il parle) tient pour suspect et redoute... les visions, les révélations, les paroles intérieures on extérieures, les consolations spirituelles... Elle ne veut et ne désire que l'amour de Dieu et du prochain... Pour les faveurs extraordinaires... elle y renonce à cause de son amour même pour Dieu... — Elle ne donne aucun crédit aux faveurs, révélations et autres choses semblables ; mais elle se fonde seulement sur l'amour de Dieu, sur la crainte de sa justice et sur la pratique de toutes les vertus, parce que c'est en cela et seulement en cela que consiste la sainteté... Elle redoute les grâces extraordinaires, même si l'humilité les accompagne ; car cette vertu ne suffit pas pour faire discerner avec évidence si certaines révélations sont bonnes ou mauvaises... — Cette personne... a éprouvé dans sa vie spirituelle de ces choses que le monde loue, estime beaucoup et considère comme une marque de sainteté, comme sont les visions, les révélations, le don de prophétie ou les miracles ; mais son avis est qu'il n'y a pas là de preuve de sainteté. La sainteté s'acquiert à un prix bien autrement cher. 11 faut endurer de grands travaux, etc.. Quant aux visions, aux révélations et aux paroles intérieures, je ne sache pas qu'elles coûtent de peine... C'est pourquoi cette personne se comporte à leur égard comme si elle avait affaire à une ombre... Ces choses extraordinaires lui paraissent dangereuses pour l'humilité et inutiles pour pratiquer la vertu. 11 faut les craindre et les fuir autant que possible. » {Vie admirable de saint Alphonse Rodriguez, coadjuteur temporel de la Compagnie de Jésus, Paris, 1890.)