IG PSYCHOLOGIE DES MYSTIQUES
(juc. si (lesrtrc's surncilurels se manifoslcnt jamais, ils ne peuvent, en tous cas, — puisqu'ils sont ou désincarnés ou d'essence purement spirituelle — se manifester que par le moyen d'hallucinations provoquées'.
Cela étant, la question reste entière de savoir si les hallucinations des mystiques procèdent ou non d'interventions surnaturelles, si leur subjectivité se renforce ou non d'une objectivité sous-jacente, — et la solution du problème posé n'a pas avancé d'un pas. Aussi bien, le [)roblème est-il psychologiquement insoluble. L'expérience mystique vaut pour le mystique lui-même, mais ne vaut que pour lui ; c'est la' « communication incommunicable » dont parle saint François de Sales. De quoi les mystiques — du moins les mystiques orthodoxes — se rendent parfaitement compte. Non seulement ils ne prétendent pas qu'on les croie sur parole, mais ils critiquent soigneusement les « faveurs » dont ils bénéficient-.
Ne soyons ni moins prudents, ni plus afiirmatifs (ju'ils ne le sont eux-mêmes; et, pour ne pas l'être, entrons dans leur point de vue.
C'est afiairc au psychologue d'analyser minutieusement les phénomènes et les états mystiques, et, par là menu; que, pour les mieux analyser, il les isole, d'en magnifier l'importance. Mais, dans la vie des mystiques orthodoxes, ces phénomènes et ces états ne jouent qu'un rôh' accessoire. La vie mystique ne consiste pas en une succession de prodiges ; c'est, comme on l'a dit\ un
i. A moins qu'ils ne s'en tiennent à déterminer chez le sujet ce « sentiment de présence » dont il a été question à propos des visions intellectuelles.