Boutroux, op. cit
mouvenicMil, un dévoloppomml dans une direction donnée. S'aiTranchir de loule division, de toute contradiction intérieure, et, pour mieux s'unir à Dieu, rétablir en soi l'unité parfaite, c'est où aspirent nos sujets, et non pas aux « grâces d'oraison ». Ces grâces qui, si elles ajoutent à la variété de leurs expériences religieuses, n'ajoutent rien à leur efficacité ni u leur profondeur, ils les critiquent et s'en méfient, observais-je plus liaut. On pourrait ajouter qu'en gens pratiques, el pourvu qu'ils en tirent le profit désiré, ils ne se soucient pas autrement d'en approfondir l'origine. Que l'on me permette à ce propos un rapprochement en apparence irrévérencieux, mais en apparence seulement. Quand, dans Don Quichotte — où je crois bien que Cervantes a fait plus d'une allusion aux mystiques de son temps' — la duchesse demande à l'ingénieux hidalgo si Dulcinée ne serait pas « une dame fantastique, engendrée et mise au jour dans son imagination » : « Là-dessus, répond celui-ci, il y a beaucoup à dire. Dieu sait s'il y a ou non une Dulcinée en ce monde, et si elle est ou non fantastique ; ce ne sont pas là de ces choses dont la vérification doive être poussée trop avant^-. Je n'ai ni engendré, ni mis au jour ma dame, mais je la vois et la contemple en mon esprit, telle qu'il convient que soit une dame, pour réunir en elle toutes les qualités qui puissent la rendre fameuse entre toutes \.. »
Interrogés touchant la réalité de leurs visions, nos mystiques répondraient sans doute que ce ne sont pas