‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 144 sur 161 · Cti. VI · texte numérisé non relu

Cti. VI

A ce moment, un peu de mieux se produisit ; les douleurs s'atténuèrent. Cependant, la malade continuait d'en éprouver, par intervalles, d'insupportables, « quand une fièvre double-quarte très violente, qui lui était restée, faisait sentir ses frissons ». On l'avait ramenée à son monastère : a II n'y a pas de termes, dit-elle, pour peindre l'excès de ma faiblesse; il ne me restait que les os. Cet état... se prolongea pendant près de huit mois. Pendant prèsde trois ans, je demeurai frappée d'une paralysie' qui allait, il est vrai, s'améliorant chaque jour. »

tlnlin elle guérit miraculeusement. « Saint Joseph fit éclater à mon égard sa puissance et sa bonté : grâce à lui, je sentis renaître mes forces, je me levai, je marchai -. »

Mais sa santé reste précaire. Elle subit des vexations physiques et morales qu'elle attribue au démon. Il cherche à l'étouffer % et parfois l'attaque avec une incroyable violence : « Un jour*, il me tourmenta durant cinq heures par des douleurs si terribles et par un trouble d'esprit et de corps si affreux que je ne croyais pas pouvoir plus longtemps y résister... Par un mouvement irrésistible que l'ennemi m'imprimait, je me donnais de grands coups, heurtant de la tète, des bras et de tout le corps contre ce qui mcntourait. » Ce furieux assaut la laisse « toute brisée, comme si on l'eût rouée de coups de bâton ».

Ce sont là, à vrai dire, de rares paroxysmes ; mais, dans lentre-temps, elle ne reste jamais sans souffrir. Elle a des angoisses cardiaques % des bourdonnements d'oreille'"', des tremblements de la tête et des bras, parfois de tout le corps '', de

1. Paralysie est peut-être ici un termo tioii fort, et l'expression cspa- (,'nole el estai- tullida corrospoudrait plutôt à « être percluse ».

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