Op. cit., 2» p., ch. V
2. La difficulté de respirer et d'avaler dont souiïrit la sainte après ses quatre jours de léthargie paraît devoir être attribuée à son extrême faiblesse et à l'état de son gosier tout à fait desséché. Nulle part elle n'accuse la sensation si nette de la boule ; et elle n'a jamais eu de suffocation hystérique: « Les consolations spirituelles... font pousser des soupirs et des sanglots ; elles vont même, ainsi que me l'ont assuré quelques personnes, jusqu'à resserrer la poitrine... N'ayant rien éprouvé de tel, je n'en saurais rien dire. » (Clidt., 4" dem., ch. n.)
3. « A la suite des séries d'attaques, la malade... est loin d'éprouver une fatigue en rapport avec la dépense musculaire énorme qui s'est jiroduite... Quand tout est fini, il faut peu de temps pour réparer les forces... Même chez les hystériques dont les séries sont fréquentes, la santé générale ne paraît pas altérée... » (Richcr, op. cit., l'» p., ch. vi.)
revanche, s'y observe presque toujours, c'est un état moral déterminé, correspondant aux troubles organiques. Les hystériques n'ont aucun jugement, elles sont essentiellement Irivoles et versatiles, « elles ne savent pas, elles ne peuvent pas, elles ne veulent pas vouloir* ». Chez Thérèse, au contraire, la volonté est toute puissante ; énergie, persévérance et bon sens, voilà ses qualités maîtresses. Sous le rapport intellectuel et moral, elle est, en un mot, « au pôle opposé des hystériques ordinaires^ ».
CU)jectera-t-on qu'elle fut sujette à des accès de tristesse? — Ces accès, l'état de sa santé ne les justifiait que trop. Cette tristesse, d'ailleurs, elle la raisonne, elle la domine ; et l'on n'y reconnaît aucun des caractères de la mélancolie hystérique, telle qu'elle l'a décrite avec une remarquable précision ^
Elle a eu, ajout era-t-on, des troubles de l'attention, de Vaprosexie ; il lui est arrivé « diverses fois », lisant un livre, de n'y rien comprendre ou de n'en rien retenir*. — Mais qui ne serait hystérique, s'il fallait taxer d'hystérie tous ceux-là qui, sous l'empire d'une préoccupation quelcon(|ue, n'ont pu, à tel momonl donné, réussir à fixer leur esprit.
Reste la question des visions perçues, des paroles entendues. Jusqu'à 1 âge de vingt-deux ans, la sainte n'a eu que deux visions (celles de 1537 •). Entre 1537 et 1557, on ne remarque chez elle aucun phénomène extraordinaire. Et c'est seulement en 1558 (elle avait (|uarante-trois ans) que commence la série, dès lors ininterrompue, de ses visions et de ses extases. Voilà, l'on en conviendra, une évolution qui ne ressemble en rien à celle des hallucinations hystériques.
Ainsi raisonnent les « défenseurs » de sainte Thérèse. Et ils ne s'en tiennent pas à des raisonnements négatifs. L'hystérie écartée, ils proposent de rattacher son état pathologi-