‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 19 sur 161 · Cl). X · texte numérisé non relu

Cl). X

4. Le livre des visions et instritclions, traduction Hello. — Nous voilà scandalisés, mais voici le correctif: «Ce n'était pas que je fusse cvemjite de compassion ; mais je pensais qu'après celte grâce, mon co'ur et ma volonté seraient toujours dans le cœur de Dieu, le cœur et la volonté de Dieu toujours dans mon ca^ur ». — Et plus loin : x I^a vie m'était une douleur au-dessus de la douleur de ma mère et de mes enfants morts, au-dessus de toute douleur qui puisse être conçue. » \

dont il a été parlé, sinon par ce f^it quo, réfrénant leurs tendances naturelles, les mystiques se sont imposé de n'aimer leur prochain quin abstracto, sans acception de personnes, et seulement en Dieu et pour Dieu*. C'est sur Dieu, en un mot, qu'ils s'attachent à concentrer leur sensibilité tout entière.

Dieu, tel qu'ils le considèrent habituellement, c'està-dire dans la personne du Verbe incarné, leur inspire un double sentiment. Et d'abord, un sentiment de pitié profonde, mélangée de repentir. N'est-ce pas pour eux qu'il est descendu sur terre, pour racheter leurs péchés qu'il s'est immolé sur la croix? A la pensée de ses souffrances, dont ils sont la cause, leur être frémit jusqu'aux moelles. J'ai dit que sainte Thérèse s'était « convertie » déviant un Ecce Homo couvert de plaies... « Au souvenir de l'ingratitude dont j'avais payé tant d'amour, je fus saisie d'une si pénétrante douleur qu'il me semblait sentir mon cœur se fendre-... » — C'est encore le Dieu plaintif et supplicié pour le salut des hommes qui apparaît à Marguerite-Marie : « Mon bon Maître se présenta à moi... sous la figure d'un Ecce Homo... Son sang adorable découlait de toutes parts, disant d'une voix douloureusement triste : N'y aura-t-il personne qui veuille compatir et prendre part à ma douleur, dans le pitoyable état où les pécheurs me mettent? »... — Écoutons maintenant Angèle de Foligno : « Il me montrait les tortures de sa tèt,e, les poils de sourcils, les

1. Parfois cependant cet amour abstrait reste, dans leur àme, — et l'amalgame est exquis — imprégné de tendresse humaine. Que l'on relise à ce sujet la fameuse et divine lettre de sainte Catherine de Sienne sur la mort de Niccolô Toldo : j'en donne la traduction à la fin du présent volume (Appendice, n» 11>.

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