Moulée du Carmel, 1. I, ch. ii, ni
4. Ps. CXXXVIIl, 11. — C'est là un texte que les mystiques aiment à citer.
'i. Cf. Aug. Poulain, La mystique de saint Jean de la Croix, Paris, 1893.
lutnincuso. Elle consiste essenliellcinent en ce que rùrne, à mesure qu'elle pénètre plus avant dans l'intimité divine, est illuminée d'une clarté qui l'aveugle en l'éblouissant, comme le soleil fait du hibou'. Cet ébloui.ssemcnt est une torture indicible : « Le sons et l'esprit soutirent comme s'ils étaient oppressés d'un immense fardeau... et ils tombent dans une agonie si cruelle que la mort paraît alors un véritable soulage ment" ». D'autant qu'aveuglée par rapport à Dieu — elle ne l'entrevoit que dans une obscurité sillonnée d'éclairs — l'àme devient effroyablement clairvoyante par rapport à elle-même : toutes ses plaies, toutes ses taches lui apparaissent, démesurément grossies, comme dans un miroir étincelant. Elle se prend à se haïr ; elle se croit haïe de Dieu ; et elle entre dans une espèce d'enfer où achèvent de se consumer, comme en un creuset, ses plus secrètes, ses plus impalpables souillures ^ Elle en sortira définitivement purifiée, et prête à recevoir, dans toute sa netteté, l'impression divine.
Il va sans dire que les psychologues ne s'accordent pas avec les théologiens pour admettre que les oscillalions du niveau mental soient déterminées, chez les mystiques, par des interventions surnaturelles.
Selon Murisier, « le sens général du corps joue un rôle considérable dans leur vie », et l'instabilité dont ils se plaignent n'est que l'efTet des « variations de la
1. Nuit obscure, 1, II, ch. v ; cf. sainte Thérèse, Vie, ch. xx, in fine.