Tr. de l'am. de Dieu, 1. VI. ch. .\v
MONTUORAND. 5
manière d'union; mais elle se va doucement coulant, comme une chose fluide et li(juide, dedans la Divinitéqu'elle ayme' ». — Cette intime commixlion évoque, pour l'ordinaire, dans l'esprit de nos sujets, des images propn'menl conjugales. M™* Guyon. dans sa Vie écrite par ellc-mcme-, raconte qu'en un songe mystérieux l'Époux la mena dans une cliamhre à drux lits. Elle demand»' pour qui ces deux lits. 11 lui est répondu : « Il y en a un pour ma Mère, et l'autre pour vous, mon Épouse. » — « 0 Seigneur, si j "osais, sécric I3ossuet à ce propos ^ je vous demanderais un séraphin avec le plus hrûlant de ses charhons, pour purifier mes lèvres souillées par ce récit. » Il ^e fut montré moins prompt à se scandaliser, s'il se fût rappelé telles strophes du Cantique spirituel, où saint Jean de la Croix parle exactement comme iM""* Guyon \ Lui-même d'ailleurs, lui si sévère pour les témérités de langage, pousse, à l'occasion, aussi loin que possihle, la hardiesse des métaphores: « Dieu veut, ma fille, écrira-t-il à M""= Cornuau, que vous vous donniez en proie à son amour, et que cet amour vous dévore... Je vous permets les plus violents transports de l'amour, vous dussent-ils mener à la mort, et toutes les fureurs de la jalousie, vous dussentelles être une espèce d'enfer... » Et encore, parlant de la communion : « Dérobez, absorbez, engloutissez, que
{. Tr. de l'am. de Dieu, 1. VI, di. \ii.