Fidf/ment du livre sur le Cantique des Cantiques, ch. i
-2. Ib., cil. IV. — Ce texte, un le remarquera, en rai)peIlo un, cité
Ce n'est pas que sainte Thérèse ne se rende compte que le langage du poème sacré, fil t- il inlerprété allégoi'iqu(îment, est pour élonner, et pourrait prêter à scandale. « Il vous semblera peut-être, dit-elle, s'adressant à ses filles, que ces paroles du Cantique (osculetur me oscido oris sut, etc..) auraient pu être dites d'un autre style*.» Ailleurs, elle reconnaît que l'assimilation à un mariage de l'union entre Dieu et l'âme a quelque chose de grossier^; et saint Jean de la Croix déclare, lui aussi, ce genre de comparaisons « étrange ^). Mais ils s'empressent d'ajouter — et tous les mystiques souscriraient Il celte affirmation — qu'il n'en est pas d'autres, dans le langage humain, pour exprimer ce qu'ils sentent ^
Leur érotisme verbal se justifie donc facilement, et l'on serait mal fondé à les taxer d'érotomamie. Au surplus, que l'on ne s'y trompe pas. Les érotomanes, bien qu'affranchis d'excitation sexuelle, n'en sont pas
plus haut, de saint François de Sales, lequel s'est vraisemblablement inspiré de sainte Thérèse.
i. Fragment, ch. i.