C PSYCHOLOGIE DES MYSTIQUES
effroi, terreur. Il y a (Misuilr la st'rie so raUa(?haiit au spntiuK'iil (le l'union réciproque: admiration, joie, confiance^ amour, extase... Ces deux gammes, dont l'une a pour Ion lundaiiirtikil la mtiiifc «'I l'aulrc la confanre, sont, le plus souvent, mélangées dans la réalité. »
Mélangées, mais dans des proportions bien dillért'nt«»«, suivant les temps et les lieux.
.\n\ t'pcKjurs priiiiilivfs, c'est la crainte ([ui domine. — Exposé à des dangers incessants, à la faim, aux intempéries, à l'atta(jue des bêtes fauves ; sujet à de constantes liallucinalions, distinguant mal les êtres inanimés des êtres vivants, la veille du sonnneil, le rêve de la réalit(', riioinine primitif vécut dans un perpétu<d' tremblement, et ses premières émotions religieuses na(|uirent des angoisses dont il était obsédé.
La con.stitution, à la longue, de quelques croyances tant soit peu définies et la mise en prati(jue de certains rites ludimenlaires lui furent un alTrancbissement et un réconfort. Il personnifia les forces vagues dont il se sentait entouré et s'ingénia à se lesasservir, ou, tout au moins, s'il les supposait hostiles, aies réduire à l'inaclion. De là les iormes prinntives de ces éléments de tout culte: le, sacrifice (»l la prière. Prier, à l'origine, « c'est essentiellement nommer les dieux et les mettre par là même dans sa (b'peiKlaiice lempoi'aii'e » (car le nom d'un êlre est considt'ré- comme une partie de l'être lui-même; et, possédei- celle {)aitie, c'est avoir prise sui' l'être enliei') ; sacrifier, c'est « mettre en liberté, par l'elfusion du sang de la victime, identifié avec sa vie, une force... qui va agir sur les dieux pour les plier à la volonté du sacrifiant' ».