‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 6 sur 161 · Marinier, op. cil · texte numérisé non relu

Marinier, op. cil

Mais les dieux participent aux besoins, aux passions de riiuMiaiiiié ; et le nioineiil vint où l'Iionime connut, cnlre eux et lui, la possibililé d'un échange de services. Cette possibililé une fois reconnue, il s'appli(jua, non plus seulement aies réduire à l'inaction ou à forcer leur concours, mais à gagner leur bienveillance.

Dès lors, le sacrifice et la prière changent de nature : l'un devient une offrande, l'autre une demande ou une action de grâces. Et, du même coup, un immense progrès s'accomplit ; des rapports tout nouveaux, des rapports d'amitié et de recoruiaissance réciproques s'établissent entre l'homme et les dieux. Désormais, parmi les éléments si variés dont se compose le sentiment religieux, c'est l'admiration et la confiance qui prennent le dessus. Cette admiration, cette confiance s'exalteront jusqu'à l'amour quand, avec le progrès des temps, la notion de la transcendance divine aura prévalu ; quand la' prière et le sacrifice seront devenus des instruments d'union avec la divinité ; quand, en un mot, la piété sera née, et, avec elle, le mysticisme.

Car, au sens large, le mysticisme religieux n'est autre chose que le sentiment, chez l'homme, d'un rapport filial et mystérieux (mystique) établi entre lui et la divinité : mystérieux, puisque Dieu est incompréhensible et ineffable; filial, par cela même que l'Etre infini, échappant aux prises de l'intelligence, ne se révèle qu'à l'amour.

Or l'amour de Dieu n'est dans aucune religion aussi fervent que dans la religion chrétienne : l'expression

luèmc <r « amour de Dieu » no roniplit (|U(' dans Ir fliiislianisnic sa pleine si^nilicalion.

Le dogme dirélien — plus spécialement le dogme ealholique — enseigne en effel ([u'un Dieu a revêtu notre liumanilé, et (jue. mort pour le salut des hommes, il continue à se comnmniquer à eux dans l'eucharistie. « Naissant, il s'est fait notre compagnon ; plus tard, notre nourriture; mourant, notre rançon ; régnant^ notre récompense » :

Se nascens dédit socium,

Convescens in edulium,

Se moriens in pretium,

Se regnans dat in prœmium'.

A cet ainour inlini, 1 homme a le devoir de correspondre. Il était écrit dans l'ancienne loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cteur, de toute ton âme et de toutes tes forces- ». Et la loi nouvelle a confirmé le précepte de la loi ancienne : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le premier et le plus (jrand commandement », répond Jésus aux Pharisiens (jui l'interrogent ^

En un mot, « toute âme chrétienne est appelée à la perfection de l'amour* ». Et à quoi tend l'amour, sinon à ne faire (ju'un avec l'ohjet aimé? — Si donc c'est être un mvstique que d'aspirer à s'unir à Dieu, tout chré-

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