Monti'e, I. 111, cL. mv
« Si Joseph OUI eu des agrafes à son inaiiteau, a dit une mystique, il n'eût pas échappé des mains de sa maîtresse. » Si l'àme ne réussit pas à hris«'r les innombrahles liens, ténus ou forts, visibles ou cachés, dont lenserrent l'amour-propre etl'égoïsme, si elle nesepurilîe pas au feu de la charité, c'est-à-dire de l'amour divin substitué à tout autre amour, elle ne réalisera pas la condition essentielle d'où dépend sa résurrection future.
Ce dépouillement nécessaire de la vôlonlé s'opère par le moyen de deux vertus — l'obéissance et l'humilité — que les ascètes chrétiens ont prisées très haut et dont la pratique apparaît intimement liée au développement de la vie contemplative.
Que l'obéissance assure la mortification de la volonté, c'est ce qui résulte de sa définition même. En quoi consiste-t-elle en effet, sinon à renoncer à soi en abdi- (juant toute volonté propre? L'obéissant prononce un perpétuel fiât, il se félicite de ne plus s'appartenir — sui juris non esse ' ; il s'abandonne à la Providence et, par là même, se met en état de recevoir passivement l'impression divine".
L'humilité est, au même titre que l'obéissance, un antidote contre l'amour-propre; elle aussi creuse l'àme et la vide, lui donnant, suivant Alvarez de Paz, « l'immense capacité qu'il faut pour contenir les trésors célestes ». Pascal n'a-t-il pas dit qu'on doit « s'offrir par les humiliations aux inspirations » ? Sainte Thérèse avait dit
i. Imitation, I, ix.
2. Les mystiques ont voulu être et ont été, en un sens, des obéissants. Mais j'ai déjà dit comme quoi la pratique de l'obéissance se concilie chez eux avec l'instinct de souveraine indépendance qui le caractérise à un tel point que leur vie a pu être définie : une perpé tuelle auto-suggestiou.