Chemin de la Perf., ch. .xxxiv
3. Montée du Curmel, 1. 1, cli. xiii. On trouve la même expression chez Marguerite-Marie.
ils sont rol)jot. Ces faveurs, non seulcmenl ils ne les désirent pas, mais ils les redoutent, on pourrait dire qu'ils les délestent: ils supplient Dieu de les leur épargner e( les dissimulent et déprécient de leur micuN'...
Il appartient à Dieu seul, affirment les théologiens, d'achever l'épuration de l'àme, de la dégager pleinemnet « de la servitude des sens et des illusions de l'esprit ». Et ils distinguent, connue on sait, deux sortes àç purgations ou purifications : les purifications actives, œuvre de l'homme, et les passives, qui sont l'œuvre exclusive de Dieu.
Quelle que soit la valeur de cette distinction, il est certain que, le corps et l'àme une fois traités par les procédés qu'on vient de décrire, l'efTort humain a réalisé, dans l'ordre des mortifications, tout ce dont il était capable. L'être naturel est vide, et ne vit plus ; il s'agit de le ressusciter surnaturellement et de le remplir: c'est le second temps de la méthode ascétique. Le corps — l'automate — aura part à cette résurrection, et ne sera pas négligé, au cours de cette seconde série d'exercices. L'automate, en effet, — c'est encore un mot de Pascal — « entraîne l'esprit sans qu'il y
1. Sainte Tliércse, Vie, ch. xx. « Je suppliai instamment Notre- Seigneur de vouloir bien ne plus me favoriser de ces grâces qui se trahissent par des signes extérieurs. » — Cf. Marguerite-Marie, Autobiographie : « Pourvu, ô mon souverain Maître, que vous ne fassiez jamais rien paraître en moi d'extraordinaire que ce qui me pourra le plus causer d'humiliations et d'abjections devant les créatures, et me détruire dans leur estime... » — Tels sont les sentiments de tous les mystiques orthodoxes. Ils redoutent par-dessus tout d'attirer sur eux l'attention, et ne veulent que « la croix toute pure ».
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ponsr ». El les fhéolo^ionsas('»'liqiM's ne inrronnaissenl pas son rôU\ Aussi, traitant de l'oraison ri de srs « conditions «wtrinsèquos », donneront-ils la plus grande inipôrtaïKt' à des (|ii('stions toutes inatériollos, telles que celles de la « composition du corps » (ils savent que le peste détermine, en une mesure, les émotions qu il tiii(luil). de I alimcnlalioii. de léclairage... « S il vous airive, Philolhée, dira saint François de Sales', dr !i'a\()ir point de iioi'il ni de consolation en la méditation pi(jue/, (juel(jiiet"ois votre c<eur par (juelque
contenance et mouvement de dévotion extérieure, vous prosternant en terre, croisant les mains sur l'estomac, embrassant un crucifix... » — Ecoutf)ns maintenant saint Ignace^ : « Je conmiencerai ma contemplation tantôt à genoux, tantôt prosterné, tantôt étendu sur la terre, le visage vers le ciel, tantôt assis, tantôt debout... Si je trouve ce que je désire à genoux ou prosterné, je ne cbercherai pas une autre position — Je me priverai entièrement de jour, fermant les fenêtres et les portes de l'appartement que j'occupe, tout le temps où j(î m'y trouverai... Quand celui (jui l'ail les Exercices n'obtient pas ce qu'il désire, comme des larmes, des consolations, etc., il est souvent avantageux qu'il fasse qu(dque changement dans la nourriture, dans le coucher, ou dans le sommeil... »
Il y a, comme on voit, toute une gymnastique et une hygiène ascéti(jues, indépendantes des austérités. Celles-ci d'ailleurs ne sont pas seulement des procédés
i. Introduction à la vie dévoie, II' partie, ch. ix ; cf. IV' partie, ch. .XII.
i. Exercice* : Additions à observer pour mieux faire les Exercices el trouver plus sûrement ce que l'on désire.
LA MÉTHODE ASCÉTIQUE 8:î
de mortification ; elles valent aussi comme stimulants. La discipline, par exemple, dompte les révoltes de la chair; mais les tl'u'ologiens ascétiques la conseillent en outre connue ayant une merveilleusi! vertu pour exciter l'esprit, lui « doîiner allégresse », pour « réveiller l'appétit de la dévotion «, pour « chasser la mélancolie' ».
Leurs prescriptions relatives au corps (qui tendaient tout à riieure à sa mortification) ne visent d'ailleurs, au point où nous en sommes, qu'à seconder le travail assimilatoire de l'àme, son « entraînement » vers les choses divines. Cet entraînement comprend un grand nombre d'exercices, tous appropriés au but poursuivi : la fixation de l'idée religieuse et du sentiment correspondant ; et qui, remplissant, du lever au coucher, la journée de l'ascète, en « sanctifient », ou, si l'on veut, en utilisent méthodiquement toutes les heures.
Parmi ces exercices, il en est un d'un caractère très spécial. Je veux parler de l'examen de conscience.
L'examen de conscience est général ou particulier . Pour être efficace, l'examen général, dit un auteur ascétique^, doit se faire au moins une fois par jour et comprendre un double regard : l'un pour la constatation matérielle des fautes commises, l'autre pour les rattacher aux causes qui les amènent. La cause qui intervient habituellement dans nos chutes, et qui entraîne la volonté, trahit le défaut dominant que l'on cherche à reconnaître. \J e^dim^n particulier porte sur ce défaut dominant, sur la passion qui, en chaque individu,
1. Introd. à la vie dév., 3« p., ch. xxiii ; cf. le P. Surin, Catéchisme spirituel : De la réformalion de la tristesse.