Introd. à la vie dév., 2« p., ch. v, viii
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uiK' .ti;;uill«' suns lil : « On a Ijcsoiii il'aij^uillr pour cou- (Jrf, mais ce n'est pas laif^uillo qui coud, cost le lil ; (,'1 ce sérail un travail bien inutilo que celui d'un homme (|ui eni[)Ioieiail loul )«' joui" à passer dans la toile une ai}4uille sans lil. Cejx'ndant, cCsl à peu près ce (jue font ••eux (|ui, dans l'oraison, méditent et réfléchissent beaucoup, sans s'appli(iuer aucunement à produire des actes de charité. (]ar la médilalion doit être comme l'aiguille : il faut qu'elle pas.s»' la première ; mais c'est pour faire passer après elle le fil de l'amour et les mouvements alfeclueux... ' » — De là cett(î conséquence (jue l'esprit ne doit tia\aillei-. dans la méditation, (ju autant (ju'il est nécessaire pour iiicllie la volonté et le cœur en branle. Ce résultat obtenu, son rôle est 'ache\é ; et dès lors, à vrai dire, la méditation a lait place à h^, contemplation^. Les ascètes orthodoxes et notamment les mystiques ont tous attaché la plus essentielle importance à la méditation ainsi comprise. On la trouve à l'origine et elle reste, pour ainsi dire, le centre de leur vie spirituelle ^; ils lui font honneur de tous leurs progrès, ils en recommandent ardemment la piaticjue. Unepratitjuc (|ui ne va pas sans difficultés. Sainte Thérèse elle-même ne s'y adonna (ju'au pi'ix des plus rudes eflbrts. et elle s'accuse*
1. Pratiques de la perfection chrétienne. De l'Oraison, r. il, t. 2.
2. Saint Fram.ois de Saies, Tr. de l'am. de Dieu, !. VI, cli. m : !( L'oraison s'appelle méditation jusqu'à ic qu'elle ail produit le miel de la dévotion : après cela, elle se convertit en contemplation... Le désir (l'obtenir l'amour divin nous fait méditer, mais l'amour obtenu nous fait contempler... »
3. Ils y reviennent même apcès qu'ils ont atteint aux « états surnaturels » d'oraison. « II n'est point d'Ame, dit sainte Thérèse, fût-elle de la taille d'un jjéant dans la vie spirituelle, qui ne doive souvent revenir à l'enfance et à la mamelle... 11 n'existe aucun état d'oraison si élevé où il ne soit souvent nécessaire de revenir au commencement. » (Vie, cil. XIII.)