Ib., ch. XL; cf. Chdl., G"' dem., ch. x
4. Vie, ch. xxxviii : « Une religieuse ie ce monastère... était décédée... Je vis l'àme de cette religieuse... s'en aller au ciel. Cette vision fut purement intellectuelle, n
5. Cf. sainle Thérèse, Vie, ch. xl : « Je connus une vérité qui est la plénitude de toutes les vérités. »
i08 PSYCHOLOGIE DES MYSTIQUES
Il sr peut enfin que la vision ait pour objet un personnage surnaturel. Elle est alors localisée dans l'espace : « On ne voit rien, ni intérieurement, ni extérieurement, parce (jue la vision n'est point imaginaire : mais l'àme, sans rien voir, conçoit l'objet et sent de quel côté il est, plus clairement que si elle le voyait... C'est... comme si, étant dans l'obscurité, on sentait quelqu'un auprès de soi : quoiqu'on ne put pas le voir, on ne laisserait pas pour cela d'être sûr de sa présence*. » — Sainte Tbérèse a eu de noiidjreuses visions intellectuelles de ce genre. Tantôt (.'lie sent le personnage surnaturel à sa gauche", tantôt elle le sent à sa droite'.
La classification des locutions ou paroles surnaturelles a été dressée par les théologiens symétriquement à celle des visions. Ils distinguent les paroles cot^porelles ou auriculaires, les paroles imarjinaires et les paroles intellectuelles.
Les paroles corporelles consistent en « une communication sensible qui retentit aux oreilles du corps, qu'il y ail ou non une vision correspondante* ».
Les paroles imaginaires « se font entendre sensiblement à l'âme sans qu'il y ait au dehors aucune impres-
1. Sainte Thérèse, Relation I au P. Rodnfjue Alvarez, in fine; cf. Vie, ch. XXVII : « Le jour de la fête du glorieux saint Pierre, étant en oraison, je vis, ou pour mieux dire, car je ne vis rien ni des yeux du corps, ni de ceux de l'àme, je sentis |)rés de moi Jésus-Christ, et je voyais que c'était lui qui me parlait... Il me semblait qu'il marchait toujours à côté de moi ; néanmoins, comme ce n'était pas une vision imaginaire, je ne voyais pas sous quelle forme. »