l's. XXXil
3. Sur ces caractéristiques des paroles imaginaires, voy. sainte Tliérèse, Vie, ch. xxv et Chdl., 6" dem., cl), m.
4. Verbales auditives, c'est-à-dire simulant la perception d'une voix entendue, localisée à l'extérieur, — ou kinesthèsiquex, c'est-à-dire simulant la perception des mouvements musculaires des orjianes phonateurs, et donnant par conséquent au sujet l'illusion que quelque chose parle en lui.
ni pour on prolonger ou en raccourcir la durée, ni pour en augmenter ou en diminuer l'intensité ; elles aussi s'imposent, et envahissent tout le ciiamp de la conscience; elles aussi s'impriment dans la mémoire et le plus souvent excluent le doute, etc.. En un mot, entre les caractères de l'hallucination et ceux des visions et des paroles imaginaires, le parallélisme est complet.
Les visions et les paroles imaginaires étant des hallucinations (et l'on ne peut, en langage psychologique, l«s qualifier autrement), faut-il y voir des hallucinations d'un genre particulier, moins objectives que les hallucinations complètes? Faut-il, en un mot, les ranger, avec Baillarger^ dans ce groupe spécial d'hallucinations, dites pstjrhiques, qu'il distingue des hallucinations /?5?/cho-sensorielles (à point de départ sensoriel)? La question est très controversée^, et se rattache à celle, plus générale et que j'examinerai bientôt, de savoir si et dans quelle mesure l'hallucination est compatible avec l'intégrité de l'esprit.
Visions et paroles intellectuelles.
Dans les visions de la première catégorie (intuition portant sur quelque détail particulier d'une vision corporelle ou imaginaire), M. Bernard Leroy, à qui j'ai emprunté sa classification des visions intellectuelles, voit un phénomène d'interprétation spontanée, ana-
1. Des hallucinations, des causes qui les produisent, etc.. (Mém. de l'Acad. de Médecine, t. XII, 1846).
2. M. Eug. -Bernard Leroy (Le Langage, p. 199 et suiv., Paris, F. AIcan) n'admet pas l'e.xistence d'Iiallncinations psychiques. M. Henri Delacroix (Eludes d'histoire et de psychologie du myslicisDte, App. I, Pari.s, F. Alcan) croit, au conlraire, «utile de maintenir ces hallucinations». Je renvoie à ces deux auteurs pour la discussion du problème.
iîO PSYCHOLOGIE DES MYSTIQUES
logup à ceux qui accompagnent certains rêves: « le donneur voit un objet ou un personnage dont il ignore de priinr abord la nature, le lôlc, la signiiicalion ; puis, un instant après, sans qu'il ait eu besoin de faire un laisonnement, ni iiiènie un effort intellectuel (juelconque, tout uniment, la signification lui apparaît soudain. Il n'est personne qui n'ait eu des rêves construits d'une fa(;on plus ou moins analogue à la vision des deux Irônes '... »
Les visions intellectuelles de la seconde catégorie (intuitions portant sur des idées abstraites, sur des mystères, parfois sur des scènes abstraitement conçues) sont, ou des phénomènes de compréhension véritable, comme l'admet, pour des raisons assez subtiles, M. Delacroix-, ou des phénomènes de pseudo-compréhension.
Le sentiment de comprendre peut être exclusif, on le sait, de toute compréhension véritable. A qui n'est-il pas arrivé d'avoir, au cours d'un rêve, cru résoudre quelque difficile problème, trouver. un mot spirituel, rencontrer une idée géniale? Au réveil, quand le souvenir du rêve s'était conservé, la solution se révélait inexistante, le mol, l'idée dépourvus de toute valeur et même de tout sens. L'ingestion de certains toxiques, tels que l'éther, le chloroforme, surtout le protoxyde d'azot(% détermine, comme les rêves en question, des « émotions sublimes », accompagnées du sentiment de c6mprendro\
1. Interprélalion psijchologique des visions intellectuelles, p. 17.