‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 87 sur 161 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

lise... Le subeonsciont, ayant instinctivement horreur tlu mal, sY'prenJra d'attrait pour Jésus, le seul homme qui, clans sa vie consciente, ait réalisé pleinement ce qu'au fond de chacun de nous réclame impérieusement notre subconscient, soumis à l'autorité de Dieu. Les Ihéories de César Malan fils, expliquant et justifiant ainsi par une origine subconsciente l'expérience religieuse consciente, dispensent l'enseignement catéchétique de tout elïbrt intellectualiste : le pasteur cherche à faire s'éveiller, dans les nuages du subconscient, certains mystères de l'ànie'. »

C'est encore l'hypothèse de James qu'accepte, comme catholique, M. de Hiigel dans son livre sur sainte Catherine de Gênes ^. Quant à 1M. Delacroix, écartant la question de savoir si « la subco/isciencc sert de véhicule à une action vraiment extérieure, à la grâce d'un Dieu transcendant », question qui relève de la métaphysique, non de la psychologie, il déclare que le subconscient « rend compte de tous les caractères que les mystiques attribuent à leurs visions et paroles intérieures ». « Le sentiment de passivité, ajoute-t-il, qu'ils expriment si fortement et d'où ils concluent la transcendance de leurs états, et leur rapport à une activité supérieure, à l'action divine », décèle « l'ignorance d'un travail intérieur, de l'activité subconsciente. » Cette activité, du moins chez les « grands mystiques », en qui éclate le « génie religieux », n'est pas une activité de déchet et de répétition ; c'est un processus dynamique

1. G. Goyau, Une personnalité religieuse : Genève (1535-1607) {Revue des Deux Mondes, i" octobre 1918).

2. The mijslical élément of religion as studied in saint Catherine of Genoa and her (riends. London, 1908.

et conslrucl«nir qui, « sous les traits il'uno pcrsonnalit»' «'•traugÎTO, construit sous le contrôle de ce (ju'il y a de plus vivant et de plus raisonnable dans la personne même' ».

Revenons, pour les critiquer, — en tant qu'applicables à nos sujets — sur les deux tliéories de la subconscience dont on vient de lire l'analyse.

A prendre le mot de subconscience dans son acception étroite et patbolof^ique, leurs visions et les paroles qu'ils entendent ne seraient que des produits de désagrégation, des déchets de méditations ou de rêveries reparaissant sur l'écran de la conscience claire à la faveur d'un dédoublement de la personnalité. Or ce dédoublement, cette faculté d'entrer dans un état spécial (le somnambulisme) et d'y retrouver des souvenirs normalement oubliés, ne s'observent que chez les hystériques. Définie au point de vue mental — et c'est une maladie mentale, une maladie de la personnalité — l'hystérie, en ellet, consiste essentiellement en un état de désagrégation psychologique, caractérisé par « la décomposition des idées et des fonctions dont la réunion constitue la conscience personnelle"», par «la tendance au dédoublement permanent et complet de la personnalité^ », ou, plus exactement, par le développement progressif de la subconscience, développement qui aboutit, dans les cas

^. Op. cit., pp. 62, 74, 40i-40o.

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