‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 88 sur 161 · Pierre Janet, Les 7iévroses · texte numérisé non relu

Pierre Janet, Les 7iévroses

3. Pierre Janet, L'étal mental des hyslcviques, 2' éd., I9H. Paris, F. Alcan.

extrêmes, à la formation d'une personnalité seconde.

Qu'un grand nombre de mystiques aient accusé d'indéniables symptômes d'hystérie, le fait est hors de conteste. A telles enseignes que l'on observe chez eux les indices d'un dédoublement plus ou moins marqué de la personnalité. Quand sainte Thérèse distingue entre « la partie supérieure » et le « centre » de l'àme, entre 1' « âme » et les « facultés » ; quand elle déclare que son àme « lui apparaît divisée' », n'est-ce pas à un tel dédoublement qu'elle fait allusion ? — « Il arrive quelquefois, remarque de son côté saint Jean de la Croix, que l'àme... se voit... si élevée au-dessus de sa partie inférieure, qu'elle constate dans son intérieur comme deux êtres distincts, dont l'un semble n'avoir rien de commun avec l'autre ^ » La mère Marie de l'Incarnation (ursuline) avait, elle aussi, la sensation d'avoir deux àmes^; et l'on retrouve la même sensation chez le P. Surin, l'exorciste des ursulines de Loudun : « c'est, dit-il, comme si j'avais deux dmes dont l'une est dépossédée de son corps et de l'usage de ses organes et se tient à quartier, en voyant faire celle qui y est introduite*. »

Les mêmes symptômes de dissociation se manifestent chez nos sujets sous la forme graphique. Ils ont tous, comme on sait'', la prétention d'écrire sous l'inspiration directe et sous la dictée même de Dieu. Et, chez quelquesuns, les phénomènes d'automatisme graphique atteignent leur maximum de développement. M™^ Guyon écri-

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