V^oy. ch. II
13i PSYCHOLOGIE DES MYSTIQUES
vil en quelques moisj pendant son séjour à Grenoble, son explication de l'Écriture sainte, publiée depuis en vingt volumes : « Avant que décrire, je ne savois pas ce que j'allois écrire; en écrivant, je voyois que j'écrivois des choses que je n'avois jamais sues... Avois-je écrit, ye ne nie souvenois de quoi que ce soit de ce que j'avois écrite.. La main ne pouvoif presque suivre l'esprit (jui dictoit... L'écrivain (le copiste) ne pouvoit, quebjue diligence qu'il fît, copier en cinq jours ce que j'écrivois en une nuit... J'écrivis le Cantique des Cantiques en un jour et demi ; et encore reçus-je des visites. La vitesse avec laquelle je l'écrivois étoit si grande que le bras m'enfla, et me devint tout roide'. »
Assurément, « le somnambulisme, la suggestion et la désagrégation mentale existent en dehors de l'hystérie francheS).et les phénomènes d'automatisme et de désagrégation dépendent vraisemblablement d'un état plus compréhensif, qui compterait les symptômes hystériques parmi ses manifestations. Mais, ces réserves faites, et du moment (jue l'on constate, chez la plupart de nos sujels, en même temps que les stigmates physiques de l'hystérie, des phénomènes de dissociation, il semblerait que le diagnostic à formuler, en ce (jui les concerne, ne pût être douteux. Ce diagnostic, cependant, ne va pas sans difficultés.