FOLIE DU DOUTE
« La folie du doute consiste dans une disposilion maladive de l’esprit qui le porte à se poser sans cesse à lui-même des interrogations et à poursuivre des réponses à ces interrogations qui n’en comportent pas toujours^). »
Les objets les plus divers peuvent inspirer ces questions. D’où vient le monde ? Pourquoi y a-t-il des sexes différents ? Quelle est 1 origine du langage ? Où mène l’existence de 1 homme ? Autant de problèmes que se posent les malades et dont ils cherchent curieusement la solution.
Certains douteurs se sentent momentament soulagés lorsqu’une personne étrangère
! i) Gilbert Ballet. Art. Dégénérescence. Traité de Médecine.
leur fournit une réponse qui les satisfait. « On connaît le fait curieux rapporté par Baillarger. M. X..., chaque fois qu’il rencontrait une femme clans la rue, au spectacle ou dans un lieu public, éprouvait l’impérieux besoin de demander si, oui ou non, elle était jolie. Un ami qui ne l'abandonnait pas était chargé de faire la réponse à cette singulière question. Uniformément et dans tous les cas, il affirmait que la femme n’était pas jolie, et M. X. se contentait de celte affirmation. Un jour, M. X. avait fait quinze lieues en chemin de fer; avant de partir, il avait à peine entrevu la dame qui distribuait les billets; une fois en route, il se rappelle qu’il a oublié de poser à propos de cette dame sa question habituelle; il interroge aussitôt son ami qui, fatigué par le voyage, sommeillait dans un coin, et s’oubliant, a lamaladressederépondre qu’il n’avait pas vu la receveuse en question. Aussitôt M.X. est pris d’une crise d’angoisse ; on dût pour le calmer dépêcher à la gare de départ un émissaire qui examina la dame et afiirma à son retour qu’elle était laide (1). »
(1) Gilbeut Ballet, loc. cil.
COMPLICATIONS PSYCHIQUES