MALADIE DU SCRUPULE
Quand le doute porte sur la moralité des actes accomplis, il donne naissance à la maladie du scrupule. Le scrupuleux se demande sans cesse s’il n’a pas commis une action blâmable. L’un se reproche de n’avoir pas soigné avec assez de sollicitude ses parents défunts. Un autre croit avoir provoqué un drame de famille par une indiscrétion, et s’en accuse sévèrement. Un troisième, de peur de respirer des parcelles d’hostie en suspension dans l’athmosphère, alors qu’il n’est pas en état de grâce, obture sa bouche et ses narines par une bande de tissu afin de filtrer l’air entrant dans ses poumons.
Tous ces scrupuleux sont également hantés par un sentiment exagéré de responsabilité et torturés de remords imaginaires.