A VAM -PROPOS
réussis à le faire autrefois pour les timides et la timidité. Et je pense que beaucoup me sauront gré de les avoir de cette façon éclairés sur eux-mêmes.
Mais en outre, j’ai dû nécessairement, pour appuyer ma psychologie sur une base organique solide, envisager la nature intime, le trouble fondamental de la neurasthénie, dont les manifestations psychiques ne représentent que la floraison consciente. De là, le schéma d’ensemble de l’affection qu’il m’a fallu exposer, la conception personnelle de la névrose que je formule, la nécessité d’apporter à mon tour mon opinion dans un débat où l’accord est loin encore d’ètre fait. On appréciera cette conception chemin faisant, dans le cours de mon volume qu’elle enveloppe, me semble-t-il, d’une logique harmonie. Mais
i psychologie des neurasthéniques.
dès maintenant, je Liens à dire qu’elle s’inspire uniquement de ma propre expérience, et repose en entier sur mes propres observations. Certes, je n’ai point négligé de consulter les plus importantes publications sur la neurasthénie qui me sont du reste familières depuis longtemps. Mais pour établir ma propre théorie, je me suis efforcé, tant que j’ai pu, d’oublier les idées des autres, de me soustraire aux influences étrangères, ne tenant compte que de ma pratique personnelle durant une période de douze années. Il arrive, naturellement, que je me trouve en accord avec un certain nombre d’auteurs : cela prouve qu’eux et moi, nous avons vu de la même façon; el je me félicite de l’appui que leurs convictions apportent aux miennes. 11 arrive aussi que je me trouve en désaccord avec quelques autres. Je le regrette et m’en excuse. Mais avant qu’ils me renient, je les prie seulement de se placer en face des malades,
AYAïST-PliOPOS.
sans préjugés et sans parti pris, et de contrôler ainsi par les faits les opinions que je préconise ; et peut-être alors qu’un jour — je le souhaite — convaincus par l’évidence, ils se rallieront eux-mêmes à cette conception que je crois conforme à la vérité.
Janvier 1908.
PREMIÈRE rARTIE