COMPLICATIONS
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répression nerveuse fondamentale.
les blocs juxtaposés des stigmates affectifs et des insuffisances psychiques, surmontés euxmêmes du bloc des troubles volontaires, que domineraient enfin les complications.
On voit, par ce résumé, que la neurasthénie produit une diminution considérable de la personnalité, une déchéance de l’individu. Celui-ci est lésé dans les sources profondes de sa vitalité et de son énergie. Il se sent las, Iriste, inquiet, incapable. Il a perdu toute aptitude à la joie, à l’expansion, à l’intérêt. Mien ne l’attire, rien ne le distrait. Il vit à l’égard des plaisirs dans une apathie morne, dans une indifférence grise. Les seules émotions qui l’agitent sont des émotions pénibles : inquiétudes, angoisse, mauvaise humeur, impatience, chagrin. Sans cesse, il se préoccupe de sa santé, de sa sécurité, de son honneur, de son devoir, de sa conduite, de son présent et de son avenir Sa volonté, caduque et impuissante, ne sait rien convoiter, décider, exécuter. Et si, par exception, il désire quelque chose, il n’a ni la force, ni la persévérance de l’atteindre. Diminué enfin
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dans la clarté de son intelligence, il ne perçoit du monde qu’une vision de rêve où les formes se dissolvent et les images se décolorent, et où lui-même passe comme une ombre sans réalité et sans vigueur.
Aussi rien d’étonnant aux sentiments de profonde désespérance, de découragement, de dégoût que ressent le malade lorsqu’il se retourne sur lui-même. A la tristesse essentielle de la maladie, vient s’ajouter encore la tristesse de sa constatation. Delà, le pessimisme universel dont il enveloppe toutes choses. Mécontent de lui-même, le neurasthénique trouve que le monde est mal fait, que la vie est détestable, que les hommes sont odieux. Souhaitant une trêve à ses misères, il songe à la mort qui le délivrerait.
Mais la neurasthénie est un inconvénient non seulement pour l’individu lui-même, mais encore pour ceux qui l’entourent, qui dépendent de lui, qui comptent sur lui. Plaintif, irritable, nerveux, le malade est un continuel souci pour sa famille et ses proches. Irrésolu, aboulique, il n’est d’aucun secours à ceux qui font appel à son soutien. On ne
ne
peut en rien compter sur lui. Incapable d’agir pour lui-même, il ne peut pas rendre service aux autres. Poussée au degré grave, la neurasthénie fait vraiment de l’individu une nonvaleur sociale.
Pourtant, dans la pratique, tous les symptômes psychiques que nous avons passés en revue ne coexistent pas chez tous les malades, ni avec le même degré. Certains font défaut, alors que d’autres, au contraire, s’enflent jusqu’à prendre la première place. De là, une quantité indéfinie de combinaisons possibles selon l’association et l’intensité des symptômes, de là un nombre illimité dans les variantes de l’état mental. En vérité, on peut dire que cet état mental varie avec chaque malade, qu’il n’est pas deux malades qui
se ressemblent, qu’il n’y a pas en réalité une neurasthénie psychique, mais autant de neurasthénies psychiques qu’il y a de sujets.
C’est qu’une condition capitale intervient dans la genèse de cet état mental : l'individua-
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lité du malade. L’importance de l’individualité du malade, démontrée dans toute la pathologie, est vraie aussi pour la neurasthénie. De même qu’un microbe qui envahit un organisme trouve des modes de nutrition, de métabolisme spéciaux déterminés par le tempérament, des complicités et des résistances, de même la dépression nerveuse, inlluençant le cerveau, trouve des réactions personnelles déjà organisées. Car le cerveau n’est pas un terrain indifférent et inerte. Le cerveau est un mécanisme psychique bien réglé, avec son caractère, ses tendances, son éducation, ses habitudes de fonctionnement.. Les symptômes de la neurasthénie vont donc se superposer et se combiner à des réactions déjà existantes. Les unes seront renforcées, d’autres neutralisées. De là, tant de variantes dans la composition de l’état mental.
Ces variantes dépendront tout d’abord du caractère inné du malade. Nous avons vu déjà 1 importance des prédispositions cérébrales dans la genèse des complications :
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celles-ci ne se développent qu’à la faveur de lares héréditaires dont la dépression psychique exagère la tyrannie. Mais sans qu’il existe à proprement parler de lares, le plus équilibré, le plus sain, porte en soi des tendances, des inclinations, des défauts qui l’écartent plus ou moins de ce type idéal que serait l’homme parlait et qui dans la réalité ne se rencontre pas. Ce sont ces tendances, ces inclinations, ces défauts qui vont intervenir pour imposer à la neurasthénie de chacun son cachet personnel.
En faut-il fournir des exemples ?
Voici un sujet naturellement apathique, indolent, paresseux, impassible, peu émotif. Il est bien évident que la dépression nerveuse va augmenter encore cette apathie qui paraîtra ti'ès accentuée au regard de l'émotivité plus faible, de sorte qu elle passera au premier plan et éclipsera celte dernière. Et le cerveau du malade réalisera un type de neurasthénique apathique.
Voici au contraire un sujet émotif. L'émotivité, de la névrose va augmenter son émotivité naturelle, de sorte que lleuriront tous