TROU R LES PHYSIQUES
Les principaux troubles physiques sont:
Asthénie musculaire;
Atonie gastro-intestinale ;
Hypotension vasculaire;
Diminution des sécrétions et de la nutrition ;
Dépression sexuelle;
Céphalée;
Insomnie;
Irritabilité.
Asthénie musculaire. — Elle est la conséquence directe de l’asthénie nerveuse. On sait que les muscles du corps sont maintenus sans cesse dans un certain état de tonicité par une excitation réflexe venue des centres nerveux. C’est ce qu’on appelle le tonus musculaire. Or, supposez une diminution de ces excitations : les muscles moins durs, moins fermes, se relâchent, fléchissent, deviennent paresseux, se contractent moins vite et moins fort, laissent tomber les organes dont ils sont le soutien, rétrécissent le mouvement, se dérobent à l’effort. Delà toutes les insuffisances dynamiques et viscérales des neurasthéniques.
Les muscles de la vie de relation, ceux qui maintiennent la colonne vertébrale et ceux qui déplacent les membres, manifestent visiblement cette défaillance. Ee sujet se courbe, se penche, incapable de se redresser et de
lulter contre la pesanteur. Le dos s’incurve, les épaules se voûtent, la tête fléchit vers la terre. Les gestes sont faibles, menus, rétrécis. Les mouvements manquent à la fois d’énergie et d’ampleur. La marche est molle, hésitante, le talon foule le sol sans fermeté et sans assurance.
Dans la face, où les muscles peauciers de la mimique inscrivent avec délicatesse leurs moindres variations, l’asthénie musculaire compose un masque dont l’expression est caractéristique. Les paupières lourdes pèsent sur les globes oculaires, les mâchoires se desserrent, les joues tombent, marquant tous les plis et les rides, accentuant les stigmates de l'àge. C’est sous cet aspect de mollesse et de fléchissement que le neurasthénique se présente d’abord à nos yeux.
Il serait intéressant de mesurer cliniquement les degrés de cette asthénie musculaire. Un auteur anglais, Muskens, a présenté il y a quelques années un appareil destiné à mesurer le tonus musculaire : mais les chiffres qu’il fournit sont trop incertains, en sorte qu’il a rencontré peu de faveur auprès des
neurologistes. Je recherche moi-môme depuis longtemps un moyen d'évaluer pratiquement ce tonus musculaire. Tout récemment seulement j'ai fini par établir un myotonomètre qui semble donner des résultats satisfaisants. Le principe de la méthode consiste à apprécier en degrés l’angle formé parla main avec l’avantbras dans une extension forcée. Je publierai bientôt les détails de la technique ainsi que les conclusions auxquelles je suis arrivé.
Il est possible également d 'évaluer d’une façon indirecte celte hypotonie musculaire. Une des plus simples est réalisée par l’expérience de Münsterberg. On sait que dans l’anLagonisme statique des fléchisseurs et des extenseurs d’un membre, la puissance des premiers l'emporte toujours sur celle des seconds. C’est pourquoi la position au repos est toujours la demi-flexion ; c’est pourquoi aussi les déformations pathologiques des névrites, des hémiplégies affectent le plus souvent l’attitude fléchie. Or, en pratique, il apparaît que plus s’élève le tonus musculaire, plus diminue l’inégalité entre les groupes antagonistes ; plus, aucontraire, s’abaisse le
tonus, plus augmente celte inégalité. I ne haute tonicité s’exprimera donc par une tendance à l’extension, une faible tonicité une tendance à la ilexion. Il sera donc possible, en mesurant le geste extenseur, d’apprécier indirectement la tonité des muscles. Tel est le principe de l’expérience de Münsterberg, et voici, d’après M. Ribot, la technique de cette expérience.
« Münsterberg, au Congrès Internalionnal de Psychologie de Londres (1892), a communiqué les expériences suivantes sous le titre de Fondement psychologique des sentiments. On trace avec la main droite une ligne de 10 centimètres de longueur. Quand on est bien exercé à ce mouvement, on essaie de le répéter les yeux fermés en dirigeant la main de droite à gauche, par un mouvement de flexion centripète ; puis de gauche à droite, par un mouvement d’extension centrifuge. On commet, en pareil cas, des erreurs, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Répétons les mêmes expériences sous l'influence de certains états affectifs (tristesse, gai te, colère, etc.), notons les erreurs et leur sens. Münsterberg
y découvre une loi très précise : Dans le chagrin, les mouvements d’extension (cenlrilïiges) sont trop courts : erreur moyenne — 10 millimètres, et les mouvements de flexion (centripètes) sont trop grands : erreur moyenne + 12 millimètres. Dans la joie, au contraire, les mouvements centrifuges sont trop grands : erreur moyenne + 10 millimètres, et les mouvements centripètes trop courts : erreur moyenne — 20 millimètres. D’où il conclut que dans le plaisir les mouvements ont une tendance à l’augmentation, dans la douleur à la diminution (1). »
Le dynamomètre, qu’on serait tenté d’utiliser tout d’abord, ne fournit pas de renseignements précis sur le tonus musculaire. Certes, la plupart des sujets témoignent d’une diminution de lacontraction volontaire. Mais chez d’autres, cette diminution fait défaut malgré l'hypotonie musculaire. C’est que celte hypotonie n’est nullement en relation proportionnelle avec la puissance de la contraction volontaire. Un sujet fortement musclé, en-
(1) Ribot. Psychologie des sentiments. 1 vol. F. Alcan, Paris, p . 53.
traîné aux sports, et qui devient accidentellement neurasthénique, pourra sur commande donner durant un bref instant un effort considérable au dynamomètre, et traîner pourtant à l’état habituel yine profonde asthénie musculaire. Cette critique s’atténue à l’égard du dynamomètre de M. Victor Henri. Comprenant l'insuffisance du simple ressort de Colin, cet auteur a imaginé un très ingénieux appareil qui marque non seulement la force de la pression, mais la durée de la pression maxima. Cette durée de la pression maxima, plus étroitement liée que la force de la pression au tonus musculaire, nous apporte un élément capital des fondions musculaires des neurasthéniques : c’est la rapidité de l'épuisement. En effet, le neurasthénique est un malade qui n’a pas de fond : tout de suite, son énergie est à bout. Il semble que sa réserve soit si faible, que le plus léger effort la dépense entièrement. Cette condition spéciale ressort nettement des épreuves répétées avec le dynamomètre de Victor Henri. Chez les déprimés du système nerveux, la durée de l’effort maximum est toujours plus courte que chez les individus sains.
28 PSYGIlOLOülli DKS N lil! 11 ASTÏ1IS N IQ U ICS .
Les mêmes résultats s’obtiennent plus clairement encore avec l’ergographe de Mosso, puisqu’ils s’inscrivent ici dans un graphique. Cet appareil enregistre sur un papier noirci les mouvements de l’index de la main droite exerçant une traction sur un lil à l'extrémité duquel est suspendu un poids. Or on constate dans tous les cas, que chez le neurasthénique : 1° l'épuisement est plus rapide que chez l'homme sain; 2° la récupérai ion des forces est plus lente (pie chez l’homme sain. MM. Gilbert Ballet et Jean Philippe oui réalisé une élégante expérience qui met bien en valeur ces résultats. Je reproduis leurs conclusions.
« Chez l'individu sain en faisant travailler l'index jusqu’à fatigue complète, la hauteur de tracé exprimant l’énergie de la contraction va en s’abaissant progressivement. Ouand celte hauteur approche de 0, si l'on espace la contraction de l'index de dix secondes eu dix secondes, on voit que le muscle 11 échisseur, non seulement récupère sa puissance d’action, mais cesse de se fatiguer. Les tracés de chacune de ces contractions
espaces sont sensiblement de même hauteur.
« Chez le neurasthénique, il en va autrement. Après le tracé d’épuisement, le muscle ou bien ne récupère pas sa puissance d’action, ou il ne la récupère que très lentement. EJn d’autres termes, l'intervalle de dix secondes, qui, chez un sujet sain, suffit à permettre au muscle d’éliminer la fatigue produite par la contraction précédente, est insuffisant chez le neurasthénique pour amener le même résultat (1). »
11 est enfin un indice de l'hyposthénie musculaire et de l’épuisement rapide du neurasthénique, qui pour être moins savant que les expériences précédentes, n’en est pas moinsexpressif: c’est tout simplement l’écriture des malades. Les graphologues ont noté depuis longtemps les signes de la dépression nerveuse et musculaire. Ce sont: la direction descendante des lignes, la faiblesse des finales et des barres, la mollesse générale du tracé.
(1) Gilbeht Ballet et Jean Philippe. Congrès (les Aliénistes cl Neurologistes. Bruxelles, 1903 et Société de Neurologie de Paris, 5 novembre 1903.
Voici quelques spécimens d’écriture neurasthénique.
Une simple enveloppe, un billet de quelques mots nous permet ainsi de poser déjà à distance le diagnostic du sujet.
Les muscles de la vie organique ne trahissent pas moins nettement la dépression nerveuse. De là, toute une série de troubles viscéraux également caractéristiques de la neurasthénie.
Atonie gastro-intestinale . — Du côté de l’appareil digestif, nous constatons l’atonie et le relâchement. La dyspepsie, avec dilatation d’estomac, est la règle chez les neurasthéniques, et c’est ajuste titre que Beard et Charcot en ont fait un des stigmates de la névrose. L’estomac descend, à la percussion, jusqu’au niveau, ou même au-dessous de l’ombilic. II est distendu de gaz le plus souvent et révèle du clapotement. Dans cet estomac distendu, paresseux, qui se contracte insùfïisam-
IIartemuerg.
PSYCHOr.OfilE df.s neurasthéniques.
ment pour brasser le bol alimentaire, lesdigestions sont pénibles et longues, s’accompagnent de pesanteur, d’éructalions, de somnolences, de bouffées congestives au visage. La sécrétion gastrique insuffisante, par insuffisance d’excitation glandulaire, vient encore favoriser la dyspepsie. Bref, l’insuffisance est bien le type de la dyspepsie neurasthénique.
L’atonie intestinale provoque la constipation. Celle-ci est aussi de régie chez les neurasthéniques : et il n’est pas rare qu’elle se complique d’entérite muco-membraneuse.
Toute la masse intestinale, mal soutenue par la sangle abdominale, se laisse choir : et c’est la ptose avec toutes ses conséquences.
Hypotensionvasculaire. — L’appareil circulatoire manifeste à son tour la dépression nerveuse par de l’hypotension vasculaire. L’abaissement de la tension artérielle est fréquent chez les neurasthéniques : au sphygmomanomélre de Potain, on lit les chiffres de 12, 13, 14 centimètres de mesure, alors que la normale est de 17 à 18 environ. Le cœur lui-mêmcestsouvenl amoindri dans scs fonc-
TABLEAU CLINIQUE DE LA NEURASTHÉNIE. 3o
lions : il bai moins vite et moins fort. De là, un appauvrissement général de la circulation corporelle qui rend les tissus décolorés et anémiés, pâlit le visage, refroidit les extrémités.
Pourtant Maurice de Fleury a observé l’hypertension artérielle. Mais scs malades étaient plutôt des goutteux, des alcooliques, des intoxiqués que des épuisés vrais du système nerveux. Cet auteur reconnaît d’ailleurs luimême que leur tableau clinique ne correspondait pas tout à fait à celui de la neurasthénie : « Les névropathes de l’autre sorte, écrit-il, goutteux, artérioseléreux, demi-alcooliques, petits brigthiques, sont plutôt sombres et farouches que vraiment tristes et déprimés; leur esprit est plutôt enfermé, confus, et, si j’ose dire, encrassé, que simplement débile ; si le travail leur devient malaisé, c’est que leur intellect, loin d’être vide de pensées, tourne au chaos d’images et d’idé'es; tandis que nos hyposthéniques sont irritables en feu de paille, par bouffées brèves et du fait seul de leur faiblesse, la plupart de nos hypertendus sont presque
36 PSYCHOLOGIE DES N EU KASTIIÉN IQUJ2S.
toujours irrités, ot leur fatigue même, la courbature de leurs muscles, qui les rend lourds et mécontents de se mouvoir, apparaît bien plutôt comme une manière de rouille, comme une intoxication générale, que l’exercice diminuera, bien loin de l'augmenter (1 ). »
Diminution des sécrétions et de la nutrition. — Les sécrétions des neurasthéniques sont généralement diminuées.
La peau est sèche, les yeux sont ternes et sans éclat, la salive est rare au point que la déglutition devient difficile, le cuir chevelu, insuffisamment lubréüé, favorise la chute des cheveux, le suc gastrique est pauvre en HCl, comme le liquide testiculaire en spermatozoïdes; enfin les synoviales elles-mêmes sont privées d’huniectation, de sorte que les surfaces articulaires produisent des bruits de craquements aux mains, aux pieds, à la nuque.
La nutrition générale également est diminuée : nous avons vu que l'analyse d'urine
(\) Les grands symptômes neurasthéniques. Paris, F. Alcan, 1001.
TABLEAU CLINIQUE DE LA N El H ASTHÉNIE.
révèle en général l’abaissement du taux de l’urée, du coefficient des oxydations.
Dépression sexuelle. — Les fonctions génitales sont fortement atteintes. La femme ressent en général moins d’appétit sexuel : quanta l’homme, il souffre d’impuissance, d’érections incomplètes, d’éjaculations prématurées.
Céphalée. — La céphalée représente l’un des symptômes les plus fréquents et les plus typiques de la neurasthénie: et c’est à juste titre que les premiers auteurs, Beard, Charcot, etc., qui décrivirent la maladie, lui attribuèrent la valeur d’un stigmate essentiel.
Le mal de tète des neurasthéniques ne consiste pas en une douleur vive, aiguë,' lancinante, semblable à d’autres céphalalgies, la migraine, par exemple. Elle est éprouvée comme une soulfrance sourde, obtuse, vague, où se mêlent à la fois des sensations de pesanteur, dcconstriction et de vide. Le malade sent sa tôle lourde, son crâne serré comme dans un cercle de fer, comme comprimé par un casquo
trop étroit : d’où le nom de casque neurasthénique, imaginé par Charcot. En même temps, sa tête lui paraît vide : et lorsqu’il se baisse, il lui semble qu’une boule de plomb roule dans sa cavité crânienne et se déplace selon les lois de la pesanteur. En général, cette sensation s’exagère en un point maximum, variable selon les sujets, au front, aux tempes, à la nuque.
De même que tout effort physique augmente la fatigue musculaire, de même tout effort mental augmente la céphalée. Le travail, l’attention, la lecture, la causerie même provoquent une recrudescence de la douleur.
Eu quoi consiste cette céphalée? Quel est son mécanisme? D’une part, elle pourrait s’expliquer par une vaso-dilatalion paratonie des parois vasculaires: et c'est à une congestion passive, à une réplétion exagérée des vaisseaux de l'encéphale que seraient duesces sensations de serrement, de pesanteur, de masse lourde se déplaçant dans le crâne selon les inclinaisons delà tète. D autre part, si comme le prétend Sol lier, il existe une cénesthôse cérébrale, exprimant dans la cons-
cience les états propres du cerveau, la céphalée pourrait être considérée comme un attribut de cette cénesthèse traduisant l'épuisement de la cellule cérébrale au même titre que la fatigue est un attribut de la cénesthèse musculaire.
Quoi qu’il en soit, la céphalée est étroitement liée à l'épuisement nerveux. Elle fait rarement défaut parmi ses symptômes: elle grandit avec lui, évolue avec lui, disparaît avec lui. C’est bien un stigmate essentiel de la maladie.
Insomnie. — Les troubles du sommeil sont variables selon les sujets. Les uns souffrent d’un excès de besoin de dormir : ils sont toujours somnolents, engourdis, s’endorment après les repas. La nuit, ils reposent d’un sommeil profond et lourd durant 10 et même 12 heures. C’est le cas des neurasthéniques calmes, point agités ni émotifs.
D’autres, au contraire, ne parviennent pas à s’endormir; ils se retournent durant des heures dans leur lit ; et lorsqu’ils finissent par s’assoupir, c’est d’un sommeil superfi-
ciel et léger, dont ils croient garder la conscience,et qui les laisse, au matin, courbaturés et plus las que la veille au coucher.
D’autres enfin s’endorment bien, mais se réveillent dans le' cours de la nuit, générale ment toujours vers la même heure, traver sant alors une période d’insomnie remplie de méditations tristes, de préoccupations anxieuses, de pensées noires, pour ne se rendormir tardivement qu'au matin.
Au milieu de ce tableau de dépression, d’asthénie, il est pourtant un symptôme ou mieux une modalité morbide, qui semble faire exception: c’est l’irritabilité fonctionnelle des malades.
Irritabilité. — En effet, toutes les fonctions corporelles peuvent être le siège de crises d’irritation qui viennent trancher sur la dépression habituelle.
Les plus frappantes sont celles de l’appareil cardio-vasculaire. Il survient chez les malades des accès de palpitations violentes.
A cc moment, le cœur bat à coups violents et redoublés dans la poitrine. Le pouls s’accélère jusqu’à 130 et 140 à la minute. Les artères participent également à cette exagération fonctionnelle: des battements pénibles sont ressentis par les patients au cou, aux tempes, dans la tète, à la région épigastrique, avec hypertension artérielle. En même temps le malade pâlit, se couvre de sueur froide, éprouve une sensation d’oppression et d’angoisse. Ces palpitations se reproduisent au moindre prétexte : une émotion légère, un bruit soudain, une idée pénible, un effort physique, la digestion, l’acte sexuel suffisent à les déchaîner. Quelquefois elles persistent pendant un certain temps, réalisant ainsi une tachycardie permanente. Le plus souvent, la crise est suivie d’une période de dépression circulatoire, jusqu’à la prochaine occasion qui va déchaîner une nouvelle crise.
L instabilité vasculaire se manifeste aussi dans l’arbre circulatoire périphérique. De là, des troubles vaso-moteurs variés : rougeurs ou pâleurs subites, congestions, vaso-
constriclions avec doigt mort, frisson nerveux, œdèmes, etc.
Enfin, l’angine de poitrine nerveuse n’est pas rare dans la neurasthénie.
Les organes glandulaires et sécrétoires sont le siège également d’accès irritatifs. Délacés crises de salivation, de transpiration, de diarrhée, qui incommodent parfois si fortement les malades.
Les muscles, relâchés en temps habituels, sont secoués par moments d’impatiences, de trépidations, de tremblements, de secousses.
Les fonctions sexuelles chez l’homme sont atteintes également de cette irritabilité qui crée les pollutions nocturnes et l’éjaculation précoce.
Cette irritabilité fonctionnelle, qui semble faire une si embarrassante exception dans la dépression générale de la maladie, est pourtant caractéristique de la neurasthénie. On la retrouve chez tous les malades, comme un accompagnement inévitable de la dépression elle-même. De là, le nom de faiblesse irritable, donné aussi à la neurasthénie.
Nous verrons plus loin que cette contra-
tableau clinique DE LA NEURASTHÉNIE. 43
diction entre la dépression et la surexcitation n’est qu’apparente, que celle-ci est encore une manifestation de faiblesse; et nous tâcherons d’en fournir une explication à propos de l’émotivité qui se rattache étroitement à l’irritabilité viscérale.
On a décrit bien d’autres troubles physiques encore danslaneurasthénie : bourdonnements d’oreilles, vertige, points douloureux, etc.
11 faut y ajouter aussi tous les symptômes possibles, disparates et imprévus, que l’auto-suggestion fait apparaître chez les malades, sans qu’ils aient de rapport précis avec la neurasthénie proprement dite.
Je les signale seulement sans y insister, l’objet de mon livre n’étant pas l’exposé de la névrose, mais la psychologie des malades.