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TROUBLES PSYCHIQUES

Les troubles physiques viennent de nous montrer le neurasthénique vu de dehors: les troubles psychiques vont nous révéler le neurasthénique vu d’en dedans.

44 PSYCHOLOGIE DES N EUK ASTHÉNIQUES.

Ces symptômes psychiques îles neurasthéniques sont de trois ordres différents.

Les premiers que je nomme stigmates affectifs représentent le retentissement cérébral de l’état organique que nous venons de signaler, la traduction dans la conscience de l’asthénie musculaire, vasculaire, viscérale, et des phénomènes d’irritabilité concomitants. De là, ces trois stigmates affectifs :

La fatigue, sensation consciente de l’hypotonie musculaire ;

La tristesse, reflet de l’asthénie viscérale et nutritive;

L’émotivité, conséquence de l’irritabilité fonctionnelle organique.

Ces trois grands symptômes, toujours présents chez les malades, ces trois stigmates psychiques essentiels de la névrose, forment le fond de l’état mental. Ils donnent naissance à de nombreux signes dérivés que nous analyserons en détail.

Mais, en outre, le cerveau n’enregistre pas seulement les troubles corporels: il souffre pour son propre compte de la dépression nerveuse dont ses opérations se ressentent. De

là, une seconde série de symptômes provoqués directement parl’asthénie cérébrale. Ces symptômes consistent essentiellement en une diminution des fonctions cérébrales. C’est ainsi que les sensations externes sont diminuées, donnant lieu à de l’hypoesthésie, à la perle de la conscience du réel ; les sensations internes, réalisant la notion du moi, diminuées également, donnent lieu aces singuliers sentiments d’ineomplétudc, de dépersonnalisalion, de déjà-vu, etc. De même, toutes les autres fonctions cérébrales sont diminuées: l'attention, la mémoire, la sûreté du jugement, la généralisation, l’abstraction.

Cet état affectif anormal et cette diminution des fonctions cérébrales retentissent profondément, on le comprend, sur l’activité volontaire. D’où une troisième catégorie de symptômes : les troubles volontaires. La volonté, fonction complexe, est altérée dans tous ses éléments : aussi bien dans les stimulations affectives qui provoquent la réaction volontaire, que dans son élaboration intellectuelle qui prépare et dirige l acté, que dans son exécution motrice qui le réalise dans le

monde extérieur. ])’où autant de formes de perturbations volontaires que nous étudierons.

Enfin, se rencontrent encore chez les neurasthéniques une foule d’autres troubles psychiques. Ces troubles sont si variés et si nombreux qu’on peut dire, sans exagération, que tous les désordres de l’activité mentale se rencontrent dans la neurasthénie : phobies, maladie du scrupule, délire hypochondriaque, aboulies, manies mentales, tics, obsessions, etc. peuvent venir compliquer le tableau clinique. Mais ces symptômes ne constituent, comme je le prouverai, que des accidents irréguliers de l’état d’asthénie. Ils sont, il est vrai, suscités par lui, mais non créés parlui. Ainsi leur donnerai-je le nom de complications psychiques.

Je passe maintenant à l’étude détaillée de ces troubles psychiques qui forment l'objet

de ce livre.

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