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L’ASTHÉNIE PSYCHIQUE

Nous avons étudié, jusqu’à présent, sous le nom de stigmates affectifs, le retentissement cérébral de la dépression organique, la traduction dans la conscience de l'asthénie musculaire, vasculaire, viscérale, etc. et des phénomènes d’irritabilité concomitants.

Mais le cerveau du neurasthénique n’enregislrc pas seulement ces troubles corporels : il souffre, en outre, pour son propre compte, de la dépression nerveuse dont ses opérations se ressentent. De là une seconde série de symptômes que je réunis sous le nom d’asthénie psycliique.

Ces symptômes ne concernent plus, comme précédemment, la vie affective, l’émotivité,

mais altèrent l’exercice des plus hautes fonctions mentales : élaboration des sensations, attention, mémoire, jugement, synthèse de la personnalité. Je me hâte d’ajouter que cette altération porte, non sur l'organisation de l’activité mentale, non sur l’harmonie du mécanisme cérébral, mais seulement sur la quantité de travail, la capacité fonctionnelle de l’organe. C’est un trouble par défaut uniquement, jamais par désordre. Aussi, la neurasthénie, si grave soit-elle, évoluant chez un sujet normal, n’aboutit jamais au délire.

Le mécanisme général de ces troubles psychiques est assez facile à comprendre. Lorsque la quantité d’énergie, le potentiel nerveux d’un individu est abaissé, il arrive d’une part que l’organisme déprimé envoie au cerveau, par l’effet de la diminution du tonus musculaire, de la circulation, de la nutrition, etc., des quantités moindres de ces stimulations qui alimentent l'activité réflexe de l'écorce; et, d’autre part, que cette écorce

l’asthénie psychique.

les reçoit elle-même en état de diminution fonctionnelle, conséquence de sa propre asthénie. De là, le caractère général de toutes les opérations psychiques des neurasthéniques, qui pèchent par défaut d’intensité, d’ampleur, de continuité, ou, pour employer le terme excellent de M.. Janet, par insuffisance. Les troubles psychiques des neurasthéniques sont donc essentiellement des insuffisances. Insuffisance de perception sensorielle et corporelle, d’attention, de mémoire, dejugement, de raisonnement, d'imagination, d’abstraction, de généralisation, insullisance de synthèse du moi constituant la personnalité : telles sont les principales manifestations de l’asthénie psychique que nous étudierons dans ce chapitre.

Toutefois, je rappelle que l’asthénie psychique n’est pas la règle absolue dans la neurasthénie. Elle ne survient que dans les cas graves de dépression nerveuse ou dans les formes constitutionnelles.

Troubles de la perception sensorielle. — Les sensations venues du monde extérieur

1)8 PsYcnor.nr,TK des neur artu iodes.

perdent à la fois de leur acuité, de leur netteté, de leur rapidité, de leur vigueur. Tous les organes des sens subissent simultanément celte diminution fonctionnelle.

Les yeux perçoivent les objets avec moins de relief, moins de couleur, moins d’éclat, en sorte que le monde extérieur se reflète dans la conscience comme une fresque décolorée et plate.

L’acuité auditive est diminuée : les malades distinguent mal les sons, les bruits, les voix. Des neurasthéniques mélomanes per dent tout attrait pour la musique.

Le goût reconnaît plus confusément les saveurs : les aliments et les boissons paraissent fades et sans montant. Parfois, les sensations de faim et de soif disparaissent entièrement.

La sensibilité tactile est également compromise: les contacts sont perçus avec moins de finesse et moins de précision. Au compas de Weber, l’écartement des pointes au seuil de la sensibilité est toujours plus grand qu’à l’état normal. Pour toutes les perceptions, il y a également retard par comparaison avec la normalité.

L'aSTIIÉNIK PSYCHIQUE.

La sensibilité génitale elle-même est aité- ■nuée: chez l'homme comme chez la femme l'orgasme sexuel procure moins de volupté, •et quelquefois même ne s’accompagne d’au- •cun plaisir.

L’ensemble de ces troubles crée chez le malade un phénomène particulier, l'atténuation du sentiment du réel (1). En effet, notre sentiment de la réalité objective nous •est fourni par les impressions externes qui sans cesse nous rappellent l’existence des ■objets et des forces dont nous sommes entourés. Or, supposons ces impressions externes diminuées, amorties: du même coup, tout le monde extérieur perdra de sa réalité, s’éloignera pour ainsi dire dans un lointain •confus. De là, cette atténuation subjective de da réalité.

Depuis longtemps, les aliénistes avaient décrit ce phénomène chez les mélancoliques, qui nous offrent, comme grossis à la

(I) Je préfère cette expression à celle de perte de la fonction du réel proposée par M. Janet, car d’abord, le sens de la réalité n'est pas enlièrement perdu, et ensuite il me paraît difficile de nommer fonction une simple qualité •sensorielle.

loupe, tous ces signes d’asthénie sensorielle.

« Je vois, je louche, disent plusieurs lypémaniaques d’Esquirol, mais je ne suis pas comme autrefois, les objets ne viennent pas à moi, ils ne s’identifient pas avec mon être: un nuage épais, un voile change la teinte et l’aspect des corps (1). »

« Billod, écrit M. Ribot (2), rapporte le cas d’une jeune Italienne, d’une éducation brillante, qui devint folle par chagrin d'amour, guérit, mais pour tomber dans une apathie profonde de toutes choses... Elle assure qu’elle se trouve dans l’état d’une personne qui n’est ni morte ni vivante, qui vivrait dans un sommeil continuel, à qui les objets apparaissent comme enveloppés d'un nuage, à qui les personnes semblent se mouvoir comme des ombres et les paroles venir d’un monde lointain. »

Dans une œuvre littéraire déjà citée, qui contient l’analyse psychologique d’une neurasthénique timide, j’ai moi-même rapporté

(1) EsQuinOL, Maladies mentales, t. I, p. 144.

(2) Maladies de la Volonté , 1 vol., F. Alcan, p. 35.

l’asthénie psychique.

in

ce phénomène. Mon héros l’exprime dans les termes suivants :

Je ne perçois jamais nettement le monde extérieur. II me semble que je n’ai jamais été en contact direct et immédiat avec lui. Entre les choses et moi, il y a toujours une sorte de paroi isolante, découché intermédiaire. semblable à un revêtement de colon, qui me donne des sensations ouatées, amorties, comme après une injection de cocaïne (1).

De là aussi ces sentiments d 'éloignement, de jamais vu, d’inconnu , signalés par les malades.

Et comme je la regardais, ainsi posée, j’eus l’impression subite que cette femme, quoique mienne et connue, me devenait soudain étrangère et lointaine. A celte minute, je ne me sentaisplus attaché à elle par aucun lien de corps ni d’àme. Dans la chaleur du même lit, elle me paraissait entièrement indifférente et inconnue; et je m’étonnais de la trouver auprès de moi (2).

Troubles de la perception corporelle. — Les sensations corporelles, qui représentent sans cesse dans notre conscience la réalité de

(1) IIartbnbeho, L’Attente , Paris, Ollendorff, 1901, p. 271.

(2) IlAiiTKPiiiKno, L'Attente, p. 212.

notre personne physique, sont également amoindries, amorties. Le malade perçoit plus vaguement l’existence et les modifications de son organisme. Il sent son corps et ses membres comme vidés, comme privés de vie active. Il lui semble qu’il se dématérialise, que sa forme charnelle se dissout, s’évanouit Les instincts, les besoins, les désirs s’atténuent jusqu’à disparaître entièrement. C’est ce qu’on a nommé le sentiment de dépersonnalisation (I).

De cette peiception corporelle amoindrie, dérive aussi le sentiment d'incomplétude (2) Dans l’œuvre déjà citée, j'ai signalé ce sentiment chez mon héros neurasthénique :

« Il me semble toujours qu’il me manque quelque chose, que ma vie est incomplète, inachevée, qu’elle porte en elle un déficit, une lacune (3). »

A cette diminution de la perception corporelle se rattachent encore ces phénomènes

(1) Dugas, Revue philosophique 1898, I, 501.

(2) Jaxet, Obsessions et Psychasthénie , F. Alcan, Paris, 1903, p. 30Î

(3) L’Attente, p. 15.

l’asthénie psychique.

singuliers étudiés récemment sous les noms à.' étrangeté du moi , de dédoublement, de déjàvu, pour lesquels je renvoie aux mémoires originaux des auteurs (1).

Troubles de l’attention. — De même que la perception sensorielle, l’attention est diminuée, aussi bien l’attention spontanée que l’attention volontaire. Le. monde extérieur frappe moins l’esprit ] ar son spectacle, par ses événements, ne captive pas l’intérêt. C’est cet état d'inintérêt, d' incuriosité que nous avons étudié dans l’ennui.

Mais la diminution de l’attention volontaire constitue un dommage bien plus sérieux. Le malade est incapable de fixer avec intensité son esprit sur une besogne intellectuelle quelconque : méditation, rédaction, calcul, écriture, mécanique, lecture même. De plus, il se fatigue très rapidement, et la fatigue

(1) Cf. Krishabeh. Névropathie cérébro-cardiaque , Paris.

Dugas, Revue Philosophique, 1898, I.

Bernard-Leroy. Revue Philosophique. 1898, II. Congrès de Psychologie, Paris, 1900.

Janet. Obsessions et Psychasthénie.

Hartenberg.

provoque l’exacerbation de la céphalée ; de sorte qu’au bout d’un temps bref, il est obligé d’abandonner tout travail.

Parfois, cette déchéance de l’attention n'est que partielle, n’existe que pour le genre de travail dans lequel le malade s’est surmené, tandis que pour toute autre besogne, la capacité intellectuelle reste normale. Uncomptable ne peut plus calculer, mais ne ressent aucune fatigue pour un autre effort ; un prédicateur perd le fil de ses discours, un professeur manque la démonstration de son problème. Il semble qu’il y ait là véritablement une fatigue élective de certaines cellules seulement, dont la résistance est affaiblie, tandis que le reste du cerveau a conservé son potentiel normal.

Cette diminution de l’attention volontaire est un des symptômes les plus conséquents de la neurasthénie. En effet, pour l’homme de profession libérale, elle compromet gravement le labeur et peut entraîner la perte de sa situation. Aussi, est-elle un des motifs les plus fréquents qui poussent les malades à recourir à la thérapeutique. Assez courageu-

l’asthénie psychique.

sèment, ils ont subi les stigmates affectifs pénibles, tristesse, ennui, anxiété; mais du jour où apparaît l’impuissance psychique, ils s’alarment à juste litre et font appel ù. l’intervention médicale.

Troubles de la mémoire. — Les sensations mal recueillies ne sont pas conservées mieux. La mémoire est profondément altérée, surtout la mémoire des faits récents. Le patient lit sans retenir ce qu’il a lu : arrivé uu bout de la page, il ne saurait dire ce qu’elle contient. Il oublie les conversations, les noms, les dates, les rendez-vous, même la topographie des lieux. Une de mes malades, grande neurasthénique, oubliait les rues de Paris, où elle habitait pourtant depuis des années, de sorte qu’elle s’égarait fréquemment et devait prendre une voilure pour se faire reconduire à son domicile. Un autre de mes clients oubliait même son nom etson adresse, et ne pouvait les fournir sur demande

Troubles de /’ imagination. — Enfin l’évocation des images et des souvenirs par l’imagina-

lion est également compromise. L’esprit est aussi incapable de se représenter le passé que de réaliser des combinaisons nouvelles. Cette défectuosité mentale est appréciable surtout chez les littérateurs et les artistes dont l’œuvre consiste à édifier des constructions imaginaires. Leur faculté de création est éteinte» leur source d’inspiration est tarie.

Depuistroissemaines — écritMaupassantà Flaubert durant une crise de neurasthénie — j’essaie de travailler tous les soirs sans avoir pu écrire une page propre. Rien, rien ! Alors je descends peu àpeu dans des noirs de tristessse et de découragement dont j’aurai bien du mal à sortir. Mon ministère me détruit peu à peu. Après mes sept heures de travaux, administratifs, je ne puis plus me tendre assez pour rejeter tous les tourments qui m’accablent l’esprit. J’ai même essayé d’écrire quelques chroniques pour le Gaulois, afin de me procurer quelques sous. Je n’ai pas pu. Je ne trouve pas une ligne et j’ai envie de pleurer sur mon papier (1).

Distraction. — Défaut d’attention, défaut de mémoire, voici des motifs suffisants à l’état de distraction. Aussi les distractions des neurasthéniques sont-elles très fréquentes. Beau-

(1) In Boule de Sui/. Eilition Conard. Paris., 1908.

l'asthéme PSYCHIQUE.

■coup des événements environnants leur échappent. Dans les petits faitsdela vie, ils se trompent, oublient, égarent. Ils perdent leurs clefs, omettent de jeter les lettres à la poste, •confondent les noms des personnes, etc.

Si nous combinons ces distractions à l'état d’inquiétude habituelle des malades, nous •comprendrons qu’à juste raison, ils perdent ■confiance en eux-mêmes, se défient de leurs ■capacités et reculent devant toute responsabilité.

Troubles du jugement, du raisonnement , etc. — Dans le domaine purement intellectuel, les insuffisances ne sont pas moins nettes. Le jugement, le raisonnement, l’abstraction, la généralisation perdent de leur précision et •de leur ampleur. Le sujet a la vision moins nette des problèmes à résoudre, le jugement moins sûr, la conception moins rapide et plus confuse. Ses raisonnements sont mal liés, mal coordonnés. Son intelligence, en un mot, est diminuée, rétrécie, déchue.

PSYCHOLOGIE DES NEURASTIIÉMQUES.

En définitive, toutes les fonctions cérébrales sont diminuées. Le cerveau asthénique travaille dans un état d’engourdissement, de demi-sommeil. De là, le caractère de rêverie imprimé à toute 1 activité mentale, le sentiment de la pensée crépusculaire.

Il me semble, écrit un de mes malades, que je vis dans un rêve continuel. Je passe comme une ombre dans un monde d’apparences peuplé de fantômes. Les objets, les êtres qui m’entourent, n’ont presque pas de réalité pour moi et je sens que je n’en ai pas pour eux. Machinalement, je parle, je marche, j’agis, mais le plus souvent j’oublie pourquoi, et j’oublie même que c’est moi qui suis en jeu : un autre semble s’agiter en moi, et je le regarde avec une curiosité détachée. Ainsi, je conserve rarement des événements et des personnes une impression forte: je ne sais même plus si les souvenirs qui flottent dans ma mémoire, je les ai vécus ou simplement rêvés.

La vie coule de la sorte, crépusculaire, presque immatérielle. Et quand je serai au bout, si je regarde en arrière, je n’apercevrai que des visions de songe où j’aurai passé presque inconscient. Et je mourrai avec le sentiment de n’avoir pas vécu.

LES T ROUBLES VOLONTAIRES

L’acte volontaire est une opération complexe formée de trois temps successifs:

1° Tout d’abord, une stimulation sortie de la vie affective, besoin, désir, appétit, émotion, qui fournit l’impulsion initiale.

2° Ensuite, une élaboration intellectuelle où l’ccle est préparé étudié, examiné, avec ses avantages et ses conséquences, décidé enfin par une résolution ferme.

3° Enfin, une exécution matérielle, plus ou moins complète, plus ou moins habile, consistant à vaincre à la fois les obstacles intétérieurs, fatigue, émotions, scrupules, craintes, etc. et les obstacles extérieurs, matériels' ou sociaux, qui s’opposent à son exécution.

L’état neurasthénique a pour effet de troubler, par défaut, les trois temps de l’acte volontaire. Il crée ainsi :

Une insuffisance d'impulsion, par indifférence, par apathie;

Une insuffisance d' élaboration eide décision par manque de jugement, de prévoyance, par irréflexion, par irrésolution ;

Enfin une insuffisance cl' éxecution par dépression musculaire, fatigue, émotivité inhihitoire.

INSUFFISANCE d’iMPULSION

Fatigué, triste, pessimiste’, ennuyé, le neurasthénique n’a envie de rien, n’aspire à rien. Tout lui est indifférent, nul projet ne l’attire, nul but, honneur, gloire, fortune, ne lui parait valoir la peine d’un effort. A quoi bon lutter, peiner, souffrir? Tout n’est pour lui que vanité.

De là cette absence d’impulsion, de stimulation génératrice de la volonté, cetle apathie inerte dins laquelle vivent les malades.

LES TllOUBLES VOLONTAIRES.

J’ai décrit précisément, sous le nom ■d’ « Attente », cette aboulie contemplative où s’immobilise le héros de mon livre.

Je ne tente pas un geste po-ur atteindre ce que je ■convoite, je ne prononce pas un mot pour appeler ce ■que je souhaite. Je demeure inerte, impassible, inactif; au lieu d’agir, j’attends ! J’attends que le clocher vienne à moi, au lieu d’aller vers le clocher. J’attends que la (leur tombe dans ma main, au lieu de la cueillir. J’attends que la femme vienne m'enlever, au lieu de la conquérir. Pour obtenir tout ce que j’aime et désire, je compte toujours sur une intervention surnaturelle, divine, sur une influence mystérieuse, un prodige, un miracle! Et, dans l’espérance de l’événement magique, j’attends, j’attends toujours! Et je sais bien que mon attente est absurde, insensée. Que pourrait-il arriver de tout ce que je souhaite? Rien. Tous mes rêves sont impossibles. Je sais bien cela. Mon esprit critique ne manque pas de me le dire; mon intelligence n’est pas dupe de mes chimères. Je n’ai même pas la consolation de m'illusionner sur mes folies: je sais ce qu’elles valent. Je sais que je ne dois rien espérer, que je ne dois rien attendre. Et malgré tout, j’attends, j’attends quand même, j’attends toujours. Toute ma vie se perd en une continuelle attente. Chaque matin, je compte que l’événement attendu sera pour aujourd’hui, chaque soir je compte qu’il sera pour demain. Chaque lettre que je reçois, chaque rencontre, chaque visite, chaque sortie, doit l’annoncer et le déterminer. Et chaque jour, chaque minute, quand l’événement n’arrive pas et

quand mon attente est troni[iée, c’est une déception, c’est un désespoir c'est une douleur (1)!

Et plus loin encore :

Je ne projette rien, je ne réalise rien. Je ne travaille pas plus à mon bonheur que je ne travaille à celui des autres. Au lieu d’avancer, de lutter, de faire effort, je demeure passif dans une inaction stérile. Au lieu de vouloir, j’attends.

J’attends quoi? Je ne saurais mime pas le dire : la femme idéale, la beauté absolue, le pouvoir souverain, la volupté suprême, toutes les perfections de la vie? Rêves impossibles, utopies, chimères, divagations, délite (2)!

Ainsi, le premier lcni| s de l’acte volontaire, cetle stimulation initiale issue de l’instinct, du besoin, du désir, est altéré par insuffisance. Le malade n’agit pas, parce qu’il n’a envie de rien. Ce trouble est la conséquence directe de la dépression organique, de celle sorte de paralysie pour les émotions sthéniques qui engendre déjà l’ennui. Les deux phénomènes se tiennent étroitement, et l’on ne saurait trop dire si le sujet s’ennuie parce qu’il n’a envie de rien, ou n’a en-

(1) L’atlenle, p.19.

(2) Id. p. 203.

LES TROUBLES VOLONTAIRES

vie de rien parce qu’il s’ennuie. En réalité tous deux dérivent simultanément de l’asthénie nerveuse fondamentale de la maladie.

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