‹ Psychologie des sectesChapitre 16 sur 53 · Lo spirito del diritto romano, p · texte numérisé non relu

Lo spirito del diritto romano, p

en eux-mêmes la virtualité d'un groupement social. Un cri, un incendie, une bombe éclatant dans la rue ou sur cette place de foire, un déraillement du train, et voilà que ces gens associables deviennent en un moment associés pour une fin commune; voilà qu'une simple proximité physique donne naissance à une réunion psychologique, voilà en un mot la foule qui, par une série infinie de degrés, peut s'élever jusqu'à la corporation, jusqu alitât (1).

Aujourd'hui une foule et un Etat doivent paraître deux agrégats essentiellement distincts — et ils le sont en effet — mais le second n'est à bien y regarder que le développement merveilleux du premier. L'Etat moderne n'est, en effet,que la foule primitive et sauvage, transformée par des siècles d'histoire en société, un agrégat d'hommes unis en vue d'un but éternel, conscient et général, tandis que la foule n'a en vue qu'un but éphémère, inconscient et particulier — une réunion d'individus pour qui la loi suprême et nécessaire c'est la division du travail et l'organisation, tandis que la foule est un être inorganique où nul n'a de part déterminée.

Les Etats barbares, pour nous qui les regardons de loin,donnent l'idée confuse d'une grande foule ; les Etats modernes donneront à nos successeurs l'idée dune grande corporation.

La différence entre les uns et les autres n'est qu'un effet de la loi naturelle qui nous enseigne que « au fur et à mesure qu'on monte l'échelle des êtres, la cohésion

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