‹ Psychologie des sectesChapitre 35 sur 53 · Voir l'article déjà cité de Ferrero · texte numérisé non relu

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falsification, un mensonge, quand il y a en jeu l'honneur, la gloire, les intérêts primordiaux d'une nation ? » (1).

Le problème ainsi posé, on comprend que souvent la conscience oscille dans ses réponses, et que l'idée lointaine de se rendre utile au plus grand nombre, empêche «le voir le mal qu'on fait à la minorité, et par conséquent de le commettre. Et en effet, on comprend tous les grands crimes politiques commis avec la persuasion, réelle ou illusoire, de faire le bonheur de ses semblables. Et non seulement les crimes qui partent d'en bas pour viser plus haut, c'est-à-dire des opprimés contre les oppresseurs, mais aussi ceux qui sous le nom de raison d'Etat sont perpétrés par ceux d'en haut sur ceux d'en bas, c'est-à-dire par les oppresseurs contre les opprimés. On comprend les persécutions sauvages des empereurs romains les plus illustres contre les premières sectes chrétiennes, puisqu'ils avaient le sentiment profondément ancré dans leur conscience de défendre l'Empire du péril dont la nouvelle religion le menaçait, et l'on comprend les violences insensées de la Révolution française puisque alors le peuple avait une foi inébranlable dans un avenir d'égalité et de liberté, et la conviction que pour atteindre ce but tous les moyens étaient bons.

Il faut remarquer aussi que pour tous les individus qui s'adonnent à la vie politique, elle représente l'objet du plus grand intérêt, le point où se concentre toute leur attention.

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