Op. cit., p. 306. Voir' aussi à ce propos Proal, op. cit
et l'hérésie si on lesappliquait à la magistrature d'aujourd'hui : cependant en limitant nos observations à l'Italie, je me rappelle qu'un ministre, véritablement et foncièrement honnête, Ta définie : un point d'interrogation; je me rappelle un arrêt de la Cour de cassation où Ton définissait les socialistes des malfaiteurs ; je me rappelle des instructions de procès importants interrompues, et il me semble que tout cela, sans provoquer les injures, donne le droit d'être sceptique sur l'indépendance de la magistrature et fait penser aux paroles de Camille Desmoulins: «ce sont les despotes peu rusés qui se servent des baïonnettes ; Tart de la tyrannie consiste ii faire les mêmes choses avec les juges. »
Tels sont les exemples et les enseignements que nous donne la politique qji'on pourrait appeler politique de gouvernement, c'est-à-dire la politique astucieuse et civilisée de ceux qui sont arrivés au pouvoir.
Voyons maintenant ce que sera la politique qu'on appelle sectaire, politique de ceux qui ne sont pas les maîtres mais les opprimés, qui n'ont pas le pouvoir, mais qui le désirent?
« Pouvez-vous dire, me demandait un socialiste italien, que le groupe ennemi de la bourgeoisie se conduit comme elle dans la vie politique ? Pouvez-vous dire que le parti du prolétariat se sert des armes dont se servent les partis bourgeois ? Vous ne le pourriez dire sans avancer un mensonge ridicule (1) ».
Le ton de triomphateur de cette demande est employé en pure perte. J'ai trop souvent soutenu que les classes 1- Voir l'article déjà cité de la Critica Sociale, 16 juin 1896.
dominantes ont une criminalité collective différente de celle des classes dominées, pour qu'on me puisse attribuer, même par hypothèse, l'opinion que les uns et les autres combattent avec les mêmes armes.
Organismes divers, fonctions diverses, voilà une vérité psychologique qui n'est pas neuve ; elle est applicable et on Ta appliquée à la sociologie, et pour la mettre davantage en lumière, j'ai employé pas mal de pages.
Les opprimés n'auront pas comme les oppresseurs recours à la ruse, à la fourberie, à la corruption, mais bien à la violence, à la force, à l'audace. Ils ne voleront pas l'argent des banques, mais ils descendront sur la place pour tenter une révolte ; ils n'achèteront pas les consciences, mais ils jetteront des bombes (1),
Un autre genre de lutte, moins antipathique je l'admets, mais dont l'espèce pourtant est toujours identique ; l'immoralité et le crime.
« Il faut avouer, a écrit ïaine, que le jacobinisme n'était que la religion de la violence et de l'homicide (2) »-,
Ce jugement excessif est assurément faux, si l'on se reporte aux intentions et au but du jacobinisme ; mais il est en partie exact, si l'on se reporte aux moyens dont les Jacobins se sont servis.
Toutes les sectes, à leur naissance, ont plus ou moins recours, par nécessité, aux moyens employés par les Jacobins ; c'est-à-dire que toutes les sectes doivent agir