‹ Psychologie des sectesChapitre 8 sur 53 · Voir Bourgët, Essais de psychologie contemporaine · texte numérisé non relu

Voir Bourgët, Essais de psychologie contemporaine

3. Voir Ribot, La psychologie anglaise contemporaine, 2e édition, 1875. — Paris, Germer Baillière, p. 22.

L'électricité propage à l'infini son antagonisme avec elle-même, bien que la masse terrestre en absorbe continuellement l'effet. Le galvanisme, tout le temps que fonctionne la pile, est également un acte sans fin et répété sans trêve, de discorde et de réconciliation avec lui-même. Et la vie de la plante aussi est une aspiration continue vers la germination, en passant par des formes graduellement progressives jusqu'au moment où le point final, le fruit, devient point initial. Et tout cela se répète à l infini sans aucun but, sans aucune satisfaction, sans aucun instant de cesse » (1).

Ainsi la fin de l'homme est non pas de vaincre, mais de lutter. La victoire qui le rassure non seulement l'énerve, mais aussi le corrompt. Et plus l'homme a de côtés où tourner la tête sans reculer, et plus il défie d'ennemis, et plus le nombre de ceux contre qui il maintient le poste où Dieu et la raison l'ont placé est considérable, plus il est grand et fort (2).

Ce phénomène individuel — comme je disais — se reflète d'une façon collective dans la vie sociale; les minorités ne sont pas seulement toujours la gloire de tout pays (3), mais elles possèdent aussi ce qui manque aux majorités : la violence et l'audace. Dans les domaines de la norme et de l'honnêteté, on peut aisément constater cette vérité. Dans les parlements la partie la plus vivante, la plus belliqueuse c'est toujours l'opposition

1 . Le monde comme volonté et comme représentation, liv. IV, p. 51, Milano, Dumolard, 1888.

2. R. Bonghi, Ignasio von Dollinger, dans la Nuova Antologia y 16 février 1890.

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