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DEFINITION DU LIBRE ARBITRE

Il importe avant tout de préciser avec soin ce qui constitue un acte voulu.

Voici ce que l'analyse distingue dans la psychologie d'un tel acte :

i'' L'idée préconçue d'un acte à réaliser.

2° Un mobile ou stimulant, c'est-à-dire une tendance générale et permanente (instinct, penchant ou inclination) à se procurer une satisfaction qui est considérée par l'agent comme devant résulter de cet acte et, à ce titre, en est pour lui la raison d'être primordiale.

3" Un motif, qui est l'application de la tendance générale et permanente à un cas pai'ticulier et accidentel, la tendance spécialisée par son rapport à l'acte. Par exemple : un homme prend son pistolet pour traverser un hois fréquenté par des malfaiteurs. Son mohile est l'instinct de conservation, tendance générale et permanente ; son motif est (le se mettre en état de défense, de se prémunir

contre un danger relatif à son voyage à travers ce bois, cas particulier et accidentel.

4" La résolution. Le motif, quand il n'est en conflit avec nul autre, quand il est unique, fait naître l'intention immédiate d'agir ou de s'abstenir, l'intention arrêtée, qui se nomme la résolution. L'agent, si bon lui semble, peut différer d'agir, car une intention, si formelle qu'elle soit, d'agir, n'est pas encore l'action.

5° La volition. L'entrée en action appartient au vouloir, lui est propre et est appelée parles psycbologues volition\ Ce mode initial d'activité est purement psychique, et, de plus, c'est une espèce particulière de l'activité psychique. Ce n'est pas l'activité volontaire qui forme les idées, qui compare, qui raisonne ; mais elle accompagne chacune de ces opérations sous le nom d'attention; elle diffère également de l'énergie musculaire et se distingue, en un mot, de tous les modes d'activité composant les stades successifs de la mise à exécution de la résolution. Quels que soient ces modes, l'activité volontaire, qui en est seulement la mise en train, demeure donc toujours la même. Elle prend le nom d'initiative.

I. C'est toute manifestation particulière de l'aptitude à vouloir, que cette aptitude soit, à tort ou à raison, sous le nom de volonté regardée comme une entité, comme une Jaculté, soit qu'elle signifie un genre comprenant toutes les déterminations volontaires

DÉFINITION DU LIBRE ARBITRE l']

6" L'hésitation. Il arrive que l'acte à réaliser est mis à exécution aussitôt que voulu. Dans ce cas il n'y a pas alternative pour l'agent. Il ne se dit pas : « Ferai-je ou ne ferai-je pas cet acte ? » il n'a pas occasion de se le demander, parce qu'il n'y a pas hésitation chez lui. Il prend l'initiative d'agir aussitôt qu'il perçoit le motif ; il veut dès qu'il le perçoit. Mais il se peut qu'il hésite, parce que divers motifs soUicitent son vouloir.

7« La délibération. Dans ce dernier cas il délibère, c'est-à-dire qu'il cherche à discerner, parmi plusieurs motifs qui sollicitent son vouloir, le motif prépondérant, la satisfaction dominante parmi celles qui se proposent à son choix. La délibération aboutit à un jugement qui fixe son choix en déterminant sa préférence, en un mot à la résolution. 8" L'abstention. La délibération peut aboutir à la résolution de ne pas agir. S'abstenir c'est vouloir ne pas agir, c'est donc plus que l'inaction. Celle-ci est l'absence de tout changement dans le moi, l'abstention, au contraire, impHque une opposition à quelque motif incitant à agir, donc une résistance à une tendance. Du processus que représente l'action sur laquelle l'agent délibère rien ne se réahse donc, sauf le premier stade signalé dans l'article 5, à savoir le mode d'activité propre au vouloir, l'initiative, qui est alors une inhibition. 9" 11 arrive que l'action, pour atteindre la fin

dominante qu'implique le motif prëpondérant, requiert plusieurs étapes dont chacune a sa fin propre. Dans ce cas, le plus fréquent, le processus de Faction comporte plusieurs fins intermédiaires. Par exemple: après délibération un débiteur prend la résolution d'adresser une demande de délai à son créancier ; il faudra qu'il prenne sa plume, qu'il l'a trempe dans l'encre, qu'il écrive, qu'il plie sa lettre et la porte à la poste, autant de fins intermédiaires à atteindre avant celle qui consiste dans l'obtention du délai. Encore faut-il noter que cette fin n'est réellement pas la dernière; qu'elle est un autre motif intermédiaire par rapport au mobile, qui est le motif foncier, seul vraiment prépondérant, h savoir le besoin général de tranquillité, spécialisé dans le désir de différer le paiement d'une dette. Il y a de mênip un mobile à l'origine de toute action.

Tels sont, ce me semble, tous les facteurs de l'action voulue, considérée dans son entière complexité. Mais, dans la pratique, ils ne sont pas tous également conscients chez l'agent ; plusieurs peuvent même être inconscients. Depuis l'action tout entière et la plus réfléchie où le vouloir est le plus éclairé, jusqu'à celle où le A'ouloir spontané confine à l'instinct, on conçoit un nombre indéfini de degrés.

De ces neuf facteurs les seuls qui engagent le

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