‹ Psychologie du militaire professionnelChapitre 15 sur 23 · BRUTALITE HORS LA PROFESSION · texte numérisé non relu

BRUTALITE HORS LA PROFESSION

Tant que ces actes criminels se passent dans rintérieup de la profession, ils ont ponr victimes les subordonnés; alors, comme nous l'avons vu, interviennent dans leur genèse les facteurs par nous énumérés. Si ces actes s'extériorisent à la profession, un nouveau facteur intervient, s'ajodtant aux autres ; c'est le mépris plus ou moina intense dont sont l'objet, de la part des profes* sionnels, les étrangers à ce « beau métier des^ armes. »

Nous avons déjà noté l'existence de ce sentiment à un degré plus ou moins prononcé chez tous les membres des grandes classes sociales

•ou professionnelles. Il existe à Tétat maximum chez le militaire qui représente, en nos sociétés actuelles, le guerrier d'an tan toujours de caste noble, c'est-à-dire supérieur par sa position sociale au commun des mortels.

Chez les sauvages actuels, comme chez nos ancêtres préhistoriques, le guerrier occupe le premier rang; dans la période historique grécoromaine, il en fut de môme malgré rafflnemeut -de la civilisation grecque où l'art, la politique, la philosophie tinrent une place importante bientôt diminuée par la prééminence de Rome sur le monde asiaticoeuropéen. Dans la période du Moyen-âge et des Temps modernes, le métier des ^rmes reste Fapanage de la seule noblesse avec <les mercenaires comme inférieurs ; cette profession fut longtemps la seule cause d'anoblissement.

Cette supériorité sociale du guerrier sur les autres hommes attachait nécessairement à la profession elle-même une supériorité sur les autres professions. La conséquence fut que le fait même d'être accepté dans le métier des ^rmes, créait une prévalence sur les membres des autres professions. Le métier anoblissait pour ainsi dire. Oe sentiment s'est transmis jusqu'à notre époque. Il s'est même maintenu

dans son iotégrité primitive grâce à ce fait insignifiant à priori et cependant grave : le port d'un uniforme.

Ce costume spécial, permettant de distinguer, de séparer ceux qui font partie de la profession de la multitude des autres, a eu pour résultat d'accroître l'esprit de corps, d'entretenir ce concept : ceux qui portent le même uniforme sont au-dessus de ceux qui n'ont pas le droit de le porter, de ceux à qui cette profession est fermée parce qu'ils sont des inférieurs. Ge sentiment de supériorité professionnelle, entretenu à un degré élevé par une marque distinctive que revêtent les membres de la dite profession, se révèle dans tous les métiers où il en est ainsi : magistrature par exemple. C'est dans le métier des armes qu'il est maximum parce que là la marque distinctive suit le professionnel tout le temps de son existence.

Tandis que le magistrat en est seulement revêtu dans l'exercice de sa fonction, le militaire l'est toujours. Sans cesse, il a la sensation d'être différent du reste des hommes vêtus d'une façon banale, pendant que lui est couvert d'un uniforme qui ne peut être porté — puisque porté par lui — que par des hommes supérieurs aux autres. Au port de l'uniforme vient s'ajouter celui de l'épée

qu'il a seul le droit de porter comme le noble dans les temps modernes et médioévaux.

Ces distinctions extérieures qui séparent k militaire du reste des hommes chez lesquels s'est uniformisé le costume et autres signes extérieurs des professions, sont, je le répète, une des causes du maintien intégral de l'esprit de corps, c'est-à-dire de la conception de la supériorité de tous ces professionnels sur les autres humains.

Chez nos ancêtres de la préhistoire, comme à la période romaine ou moyennageuse, cette supériorité du guerrier sur le non guerrier pouvait se justifier partiellement. De même que chez les sauvages contemporains, il lui échéait un rôle très important dans la vie sociale : la protection du pasteur, du laboureur, de l'artisan. Certes, il les exploitait, mais enfin il soldait son exploitation, son parasitisme de non-producteur par une protection relative du producteur. En apparence, cette protection semblait plus utile que la production ; par suite une considération plus grande s'attachait aux protecteurs, provoquant chez ceux-ci un orgueil professionnel de caste.

Dans la période moderne, comme maintenanlr cette infatuation du militaire s'est maintenue quoique sans aucune raison d'être, même sans

l'ombre d'une apparence de raison, surtout à notre époque. En effet, dans nos sociétés, le rôle, joué par le militaire au point de vue de sa profession, s'est sans cesse restreint tandis que s'est accru celui du producteur physique et intellectuel. Cette tendance générale ne peut qu'augmenter par suite de l'expansion de l'instruction, de raffinement cérébral qui en résulte et qui conduit de plus en plus au non-emploi de la force brutale. En outre, actuellement, avec le système des armées nationales, le militaire proféssionnel ne protège plus rien, c'est la nation mâle qui se protège elle-même. Il est donc absolument irréfutable qu'aujourd'hui la supériorité du militaire sur le pékin ne se justifie en rien et est absolument irrationnelle.

La conception de cette supériorité n'en existe pas moins, survivance atavique, et elle existe àPétat si intense que, dans le corps même de la profession, on la constate dans les rapports des combattants avec les non combattants, dans les rapports des difl^érentes armes entre elles ! L'extrait suivant d'une lettre d'un médecin militaire prouvera le bien fondé de cette manière de voir :

« Le peu d'expérience que je possède, ne me fait nullement désirer de vivre en commun avec

des officiers. Que de fois j'ai pensé à ce que vous me. disiez un jour : « Que le militarisme était une plaie sociale : » combien je trouve cela vrai maintenant que je vois d'un peu près les choses et les gens. Le militaire n'est, somme toute, qu'un accessoire dans une société et cependant tout porteur de sabre ou d'épée prétend ou pense que la société est faite pour le militaire. A chaque fois que j'ai dû prendre un repas avec des officiers, du hors-d'œuvre au dessert, il a fallu, sinon manger, du moins voir dévorer du pékin, de la redingote. Et ici... le militaire déchire à belles dents le pékin... A défaut de pékins, les militaires se mangent entre eux, fantassins contre artilleurs, marins contre troupe de terre... Que ce spectacle est pénible!» (1)

La conception de cette supériorité professionnelle doit nécessairement se manifester ; autrefois, tout en revêtant des formes criminelles, agressives contre les non-militaires, elle était génitrice de nobles actions, de sacrilices exécutés pour affirmer cette supériorité sur les autres hommes. Aujourd'hui au moment des guerres, tous les hommes sont combattants, le concept de la supériorité professionnelle ne peut donc plus engendrer ces nobles actions, ces sacrifices que Ton constate exécutés aussi bien par les profes-

(4) Hamon. L. G., année 1891, p. 428.

sioQDels que par les autres individus. Il ne se manifestera donc que par des actes criminels, agressifs des non-militaires, visibles surtout en temps de paix. Etant donné que la violence est la caractéristique de la profession militaire, ces actes criminels revêtiront des formes brutales d'attentat contre les civils. Les faits suivants, pria entre beaucoup d'autres, prouvent la justesse de celte manière de voir :

A Salzwedel, un lieutenant de uhlans s'amuse, la nuit< à tirer des coups de revolver dans la rue pour faire tressauter les philistins dans leurs lits. Il dévisse les écrous des roues, d'un char de campagne et, pendant cette farce de mauvais goût, est surpris par le propriétaire qui le rosse. Il s'enfuit, court prendre son sabre, sa chapska (il était en civil), et va quérir la garde, il revient à la tète de ses hommes et d'un coup de sabre abat un commerçant. Un capitaine survint sur ces entrefaites et empêcha de charger les pé-^ kins. (1)

En septembre 1890, à Toulon, un sous-lieute* nant, Ginalhac, cause du scandale en arrêtant un soldat qui avait oublié de le saluer. Polémique dans les journaux ; alors ce sous-lieutenant se rend à la rédaction de l'un d'eux, accompagné de trois autres officiers. Là il se livre à des voies de

(i)Berliner Tagblatt, 9 juin 1888.

fait sur le rédacteur, M. David. (1) Puni de 30 jours d'arrêt, il est envoyé à Rochefort où à peine arrivé, il flanque une raclée à un civil, M. P..., qui était en réalité un pharmacien de la marine, flupérieur en grade audit sous-lieutenant. L'affaire fut toutefois étouffée. (2)

A Bologne, à Monteleone, à Aquila, pour des motifs les plus futiles, les officiers assaillent, à mains armées, de pacifiques citadins. (3)

A Vérone, quatre officiers de cavalerie veulent embrasser de force, en pleine rue, une institutrice, M"' Azenti. (4)

A Cambrai des officiers parcourent les rues en <5riant: t Nous sommes dans un pays de cochons »; ils rouent de coups de canne un malheureux négo- <5iant qui trouve bizarres ces cris. (5)

A Cherbourg, le lieutenant Husson s'embusque à la nuit tombante pour guetter M. Chanoin, le rédacteur en chef du Progrès. Il saute à l'improviste sur lui et lui déchire l'oreille avec ses dents .(6)

Dans cette môme ville, dans la nuit du 11 au 12 avril, plusieurs officiers d'infanterie de marine font du scandale dans les rues, cassent des carreaux, brisent des horloges publiques et enfin

(i) Hamon, L. C, T. II, année 1890, p. 205.

<2) Hamon. L. G., année 1891, p. 423.

<3) SecolOj Milan, 11 août 1893.

<4) Parti socialiste, 26 août 1893.

(5) Hamon. L. C, année 1891, p. 425.

<6) Hamon. L. G., année 1891, p. 425.

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péDëtrent de force dans une maison pour assister à une noce. Comme on les prie poliment de sô retirer, ils bousculent et frappent plusieurs personnes; Tune d'elles fut blessée grièvement.

Aucune poursuite judiciaire. (1)

A Hambourg, le lieutenant Blume, conduisant deux compagnies, attaque des bourgeois dans la rue et en blesse un grand nombre. (2)

En décembre, le conseil de guerre condamne, seulement à deux mois de prison, un artilleur qui, à Lunéville, a tué un ouvrier corroyeur au sujet d'une fille publique. (3)

A Tv ulon, le 23 mars, des ofaciersont une rixe la nuit avo. ^ des civils. (4)

A Lyon, les capitaines Ritleng et Van Merlen se livrent, daus le bureau de rédaction de V Action^ à un assaut brutal d'un rédacteur: coups de poing et de canne. (5)

AErfurt, le 2 juin, trois officiers donnent des coups de sabre à deux civils; une patrouille survenant, un officier cria: « Tirez dessus » ; mais les soldats n'avaient point de cartouche et ils se bornèrent à donner des coups de crosse. (6)

A Spire, le lieutenant Hopfner se livre à des voies de fait sur M. Wolf, rédacteur de la Gazette

(1) Hamon. L. C, année 1891, p. 176.

(2) Petit Journal, 25 mars 1891.

(3) Hamon. L. C, année 1891, p. 650.

(4) Intransigeant, 25 mars 1892.

(5) Action, 19 mars 1892.

(6) Figaroy 3 juin 1892.

de Spire; et, pour ce fait, il n'est condamné qu'à 43 jours de détention dans une forteresse, le minimum de la peine. (1)

 Zwickau, trois officiers, en se promenant, aperçoivent un ouvrier mineur assis devant une maison, dans la rue; l'un d'eux lui demande ce qu'il fait et lui intime l'ordre de s'en aller. L'ouvrier répond: « Cela ne vous regarde pas »; alors l'officier dégaine et le blesse grièvement d'un coup de sabre. (2)

 Hanoï, le capitaine Le Blois brutalise un journaliste, M. Levasseur, et cela, paralt-il, pat ordre du général Reste.

 Grenoble, pendant un incendie, et poiu* faire évacuer une cour, le lieutenant M... bouscule, brutalise et injurie un journaliste et M. Couturier de Royes, procureur de la République. (3)

 Reims, en avril, pendant la nuit, trois officiers dont l'un en tenue, se distraient en frappant de leurs cannes, des matraques, la capote d'un fiacre. Le cocher fait une observation, les officiers l'insultent; querelle; le cocher lance un coup de fouet qui n'atteint pas ses agresseurs et s'en va. Les officiers se lancent à sa poursuite, l'atteignent; l'un d'eux, M. Sch..., lieutenant au 4^ régiment de tirailleurs algériens, détaché ainsi que ses deux camarades à l'école de tir du camp de Châlons, frappe le cocher si

(1) Figaro, 4 juin 1892.

(2) Intransigeant, 1" JuiUet 1892.

(3) Matin, 14 août 1892.

brutalement à la tête que le sang jaillit en abondance. Quelques personnes s'interposent et un agent arrête les officiers qui cherchaient à s'esquiver. (1)

À Strasbourg, un boucher avec sa voiture coupe entre deux compagnies revenant de Texercice. Cela déplaît à un lieutenant qui se précipite et porte au boucher un violent coup de plat de sabre. (2)

A Colmar, dans une rue déserte, plusieurs officiers, sans doute ivres, cherchent querelle à un vieillard appartenant aux notabilités de la ville. Celui-ci, indigné, les traite de polissons, ils dégainent aussitôt, le frappent du plat de leur sabre et bientôt après du ti;anchant, puis ils abandonnent leur victime assez profondément blessée. (3)

À Mayence, le lieutenant Lucius, fils d'un ancien ministre, s'amuse dans un café à jeter des pièces d'argent à la figure des consommateurs, les qualifiant de « cochons hessois > pour leur mieux marquer son mépris. Il prend ensuite à partie deux honorables commerçants, les injuriant, et les forçant sous peine de coups de sabre à sauter par dessus sa jambe allongée. Dans un jardin pubhc ce même lieutenant tente de frapper, avec son sabre, le gardien qui voulait empêcher son chien de dévaster les massifs. (4)

(1) Bclaireur de l'Est, avril 1892.

(2) XIX* Siècle, 23 mai 1892.

(3) XIX* Siècle, 23 mal 1892.

(4) Matifiy 20 et 23 mai 1892.

A Berlin, le 20 mai, un officier d'infanterie donne en pleine rue, à dix heures du maUû, plusieurs coups de sabre à un monsieur âgé doot le seul crime était d'avoir un carlin qui déplaisait au dogue danois du lieutenant. (1)

A Spire, un officier est critiqué par un journal; il se rend, accompagné de deux de ses camarades, dans les bureaux du journal et veut frapper le directeur, qui lance une chaise à leur tête. Les officiers dégainent, un journaliste les menace d'un revolver et ils s'enfuient. (2)

A Durbach, un jeune employé, fiancé d'une jeune fille, injurie un lieutenant, son amant Celui-ci guette le commis et lui tire un coup de revolver. Le lieutenant ne fut pas poursuivi et le commis eut un mois de prison pour iiyure à un officier. (3)

A Coblentz, le 20 mars, le lieutenant von Salisch tue à coup d'épée un employé de commerce, M. Weimann, qui passait dans la rue. Le conseil de guerre le condamne à un an de prison, l'empereur Guillaume le gracie immédiatement. La mère de la victime outrée de cette grâce, envoie au lieutenant une lettre d'injures qu'il expédie au parquet avec prière de poursuivre. M"* Weimann mère fut condamnée à une amende de 30 marks. (4)

(1) Matirij 21 maî; Figaro, 24 mal 1892.

(2) Peuple, 31 mai 1892.

(3) Peuple, 18 août 1892.

<4) XIX^ Siècle, 6 décembre 1892.

A Berlin, le soldat Luecke, étant en faction» fait feu sur deux ouvriers, en tue un et blesse l'autre très grièvement. Ses supérieurs le féli* citent chaudement et le comblent de gratificatioas. L'empereur Guillaume II lui adressa quelques paroles devant les troupes, lui disant que « son action est un honneur pour le régiment auquel il appartient. » Il lui serra la main, le tutoya, le nomma soldat de première classe et lui fit envoyer son portrait avec sa signature autographe. (1)

Tous ces faits sont typiques et grand nombre d'entre eux rappellent absolument les divertissements des nobles seigneurs d'antan, s'accomplissant au détriment des vilains. Poignez vilain, il vous oindra ; oignez vilain, il vous poindra, dit un vieux proverbe que sans doute les professionnels connaissent, ce qui fait qu'ils ne se privent pas de poindre les vilains, c'est-à-dire les pékins. Â voir les protestations et les réponses du tac au tac faites par les civils, il ne semble pas que ceux-ci veuillent justifier l'antique proverbe.

En tout cas le professionnel militaire brutalise le civil, cela ne lui coûte rien ou si peu. En effet, dans tous les actes analogues, il n'y a généralement pas de poursuites judiciaires, tout se borne

(1) Figaro et Matin, H mai 1892.

à une peine disciplinaire minime. Si la justice intervient, elle est tout-à-fait paternelle, car, ainsi que M. Âssaud, procureur de la République Ta dit dans un réquisitoire, c il existe des usages séculaires de haute courtoisie et de déférence réciproque entre TArmée et la Magistrature. » (1) Si des i-ivils étaient coupables des mêmes délits, la justice serait beaucoup moins douce : je n'insiste pas, notant seulement ce phénomène pour observer qu'il contribue à Tentretien de ces faits de brutalité.

En lisant les faits-types de brutalité, tant dans que hors la pri)fession, on aura sans doute remarqué que le nombre en est plus grand en Allemagne qu'en France. Ces agissements sont en effet plus généraux outre Vosges qu'en notre pays. Cela est rationnel, car en Allemagne tout individu revêtu de l'uniforme occupe une situation encore bien plus prépondérante que les mômes individus n'occupent en France. Ce pays est plus militarisé que le nôtre. Cette prévalence de la profession conduit inéluctablement ses membres à la conviction d'une extrême supériorité sur les autres hommes. De cette conviction au concept

(1) Mat-Gioi. Un point d^Hiatoire coloniaUy p. 15. — Paris 1892. Savlne, éditeur.

que tout leur est permis, il n'y a qu'un pas, facilement franchi. Les effets se font rapidement sentir, on a pu en voir quelques-uns dans nos exemples.

C'est peut-être en ces actes de violence qu'on peut mieux constater l'influence du milieu professionnel sur l'individu. En effet, les mêmes motifs qui poussent les militaires à agir brutalement, comme dans ces agressions sauvages de journalistes, ne provoquent chez les civils que des actions pacifiques. On ne constate que rarement des agissements identiques chez les civils issus de môme couche sociale : médecins, magintrats, homme» de science, artistes, ingénieurs, etc. Les causes de la forme « violence > de la criminalité militaire ne peuvent être recherchées ni dans l'éducation familiale ou collégiale, ni dans le milieu familial et social, puisque ces éléments se retrouvent identiques dans l'étiologie de la criminalité de forme différente des professionnels ci dessus énumérés. On est donc logiquement amené à voir en cette forme criminelle l'influence de la profession militaire elle-même agissant, nous l'avons dit, sur des encéphales prédisposés ainsi que le prouve leur élection de ce métier.

Pour les auteurs d'actes de brutalité commis

tant hors que dans la profession, rirresponsabilité morale s'impose puisque, comme nous TavoQS montréi ces actes ne sont qu'une résultante do composantes qui, les circonstances et le milieu étant donnés, ne pouvaient être autrement qu'elles n'ont été. « L'individu, a écrit Herzen (Ij, est libre de faire ce qu'il veut quand rexécution de la volition n'est pas entravée ; mais il n'est pas libre de vouloir ce qu'il veut, car ses volilions sont le produit de son organisation physique et psychique, en partie héritée, en partie élaborée par les circonstances au milieu desquelles il s'est développé et se trouve actuellement, d Les auteurs de ces actes n'étaient point libres de ne pas vouloir les commettre; et comme ils étaient libres d'exécuter leur volition, nécessairement ils commettaient ces actes criminels. Où il y a nécessité il ne peut y avoir responsabilité.

(1) Le Cerveau et V Activité cérébrale ^ p. 158. Paris 1887»

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