Darwin, Vexpression des émolionsy \oc. cit
d'un engourdissement plus profond ; les mouvements par lesquels ils réagissent contre l'excitation reçue sont disproportionnés, violents; ils s'étendent de proche en proche au corps tout entier; et, selon les principes de Spencer, le trop-plein de cette activité désordonnée s'écoule sous la forme du rire.
Il en est de même lorsque la torpeur des organes est accidentelle ou exceptionnelle. Ainsi le jeûne engourdit l'estomac; cet engourdissement sera une prédisposition au rire. « Vives écrit de soi-même que lorsqu'il avait été longtemps sans manger, les premiers morceaux qu'il mettait en sa bouche l'obligeaient à rire*. »
On a observé encore que le chatouillement ne peut être produit que par un contact qui s'interrompt, ou qui change soit de vitesse, soit de direction'; cela revient simplement à dire que plus l'organe est pris au dépourvu par l'excitation, plus la sensation est forte et plus la réaction contre la sensation est violente, déréglée, apte par conséquent à se propager, à s'étendre, et à produire de ces effets à côté, de ces mouvements sans but, dans lesquels rentre le rire.
Le chatouillement, avec toutes ses circonstances particulières, trouve ainsi une explication satisfaisante dans la théorie de Spencer. Le fou rire rentre mieux dans la théorie voisine de Bain. Ces deux rires peuvent être rapprochés : le chatouillement est le rétablissement de fonctions endormies ou naturelle-