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CHAPITRE IV

Résumé des chapitres précédents : la distinction du ridicule et du plaisant (Stendhal).

Analyse objective du rire ou définition du rire tirée de l'examen des choses risihles. — Deux théories : le risible est caractérisé : 1** par la contradiction ou l'imprévu; 2° par la dégradation.

I. — Théorie de la contradiction. — La contradiction peut être entendue au sens étroit ou au sens large, comme synonyme d'illogique, d'absurde ou d'imprévu, de contraste.

A. La contradiction proprement dite, à savoir la violation ou l'application insensée des principes rationnels (identité, contradiction, finalité, etc.) est le caractère du risible (Schopenhauer, Dumont). C'est ce qui ressort de l'analyse du risible dans l'ordre des idées, des sentiments, des actes. C'est ce qui apparaît, à la réflexion. Jusque dans le rire ironique, le rire de l'indignation. Le rire est donc une fonction de la raison, la perception de l'absurde.

B. V imprévu. L'imprévu est-il réductible au contradictoire, ou le contradictoire à l'imprévu?

L'imprévu est la condition : 1° adjuvante, 2° nécessaire,

3° suffisante du rire. Il doit être défini le contraire de ce qu'on attend ou le contraste entre l'idée et le fait. L'imprévu dans les événements : faits insolites ou groupement insolite de faits ordinaires. — L'imprévu dans les idées : idées anti-naturelles ou paradoxales, ultranaturelles ou naïves; direction imprévue, — lenteur ou rapidité imprévue des idées. — L'imprévu dans les mots : non-sens, contre-sens, équivoques, — expressions et

constructions étranges.

IL — Critique de la théorie. — Au fait à expliquer il ne sert point de substituer un autre fait lui-même inexpliqué, à savoir la contradiction ou l'imprévu. Il faut expliquer pourquoi et comment la contradiction fait rire, et ne pas se contenter de remarquer qu'elle fait rire. Or cette explication varie étrangement selon les philosophes (Schopenhauer, Dumont, Renouvier).

Le rire est proprement, non la perception de la contradiction, mais Vemotion liée à cette perception, ou Texpres- ^ sion de cette émotion. Autant d'espèces de rire que de façons de sentir la contradiction : le rire de dédain, ses degrés et espèces, — le rire de niaiserie, — le rire exprimant le plaisir d'inventer ou de créer dans l'absurde. Le rire est toujours un phénomène de santé intellectuelle, morale ou physique. Il traduit un état cénesthésique, le ton émotif; il paraît exprimer la surprise, le sentiment de la contradiction; il exprime en réalité l'action dynamogénique de ces états.

Les chapitres qui précèdent montrent que le rire est deux fois relatif : relatif au tempérament de chacun et à ses dispositions actuelles, physiques et mentales (le rire-détente de Bain) et relatif au milieu social (rire de sympathie et d'antipathie).

On rencontre chez Stendhal * une théorie analogue.

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