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CHAPITRE PREMIER

LE RIRE EN GEiNERAL LE RIRE NERVEUX ET LE RIRE IDÉO-ÉMOTIONNEL

Il n'est pas de fait plus banal et plus étudié que le rire ; il n'en est pas qui ait eu le don d'exciter davantage la curiosité du vulgaire et celle des philosophes; il n'en est pas sur lequel on ait recueilli plus d'observations et bâti plus de théories, et avec cela il n'en est pas qui demeure plus inexpliqué. On serait tenté de dire avec les sceptiques * qu'il faut être content de rire et ne pas chercher à savoir pourquoi on rit, d'autant que peut-être la réflexion tue le rire, et qu'il

1. A la tête de ces sceptiques se trouve Gicéron : Quid sit risus, quo pacto concitetur, ubi sit, quo modo existât... nescire non pudet, ne ipsi quidem sciunt, qui poUicentur. De Oral. y II.

DuoAS. — Psychologie du rire. '

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serait alors contradictoire qu'elle en découvrît les causes. Toutefois il faut préalablement s'enquérir si la question du rire est insoluble par elle-même, ou par la faute des philosophes qui l'auraient mal posée et embrouillée à plaisir.

Tout d'abord entendons-nous sur la nature du rire. Le rire est un phénomène psychologique et physiologique tout ensemble, et comporte ainsi deux interprétations et explications différentes.

Du point de vue physiologique il est vrai de dire avec Spencer : « Réduire en doctrine certaines des conditions (psychologiques) du rire, ce n'est pas expliquer les mouvements spéciaux qui, sous ces conditions, se produisent. Pourquoi, si nous avons un vif plaisir, ou si nous sommes frappés d'un contraste inattendu entre des idées, voit-on les muscles de notre face se contracter d'une certaine manière, ainsi que ceux de la poitrine ou de l'abdomen? Pour trouver à cette question une réponse telle quelle, il n'y a qu'un moyen : s'adresser à la physiologie *. »

Mais du point de vue psychologique, la remarque suivante de Lotze est également fondée. A coup sûr, « nous ne voyons rien sans l'intermédiaire des ondes lumineuses; mais le rire que provoque un spectacle comique n'est pas produit suivant des lois physiques, par irradiation des ondes lumineuses sur les nerfs de la rate. L'idée de ce que l'on voit-, reçue dans le monde de la pensée, rencontre des tendances géné-

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