‹ Psychologie du rireChapitre 6 sur 49 · Essais, tp. Burdeau, t. I^ p. C, Paris, F. Alcan · texte numérisé non relu

Essais, tp. Burdeau, t. I^ p. C, Paris, F. Alcan

raies de Tesprit qui n'ont rien de commun avec le domaine physique, et produit enfin un état d'émotion, auquel la nature a primitivement lié une fonction naturelle, ici celle du rire*. » Traduisons en clair langage français cette métaphysique allemande; la pensée de Lotze devient cette plaisanterie de Voltaire : a Ceux qui savent pourquoi cette espèce de joie, qui excite le rire, retire vers les oreilles le muscle zygomatique, Fun des treize muscles de la bouche, sont bien savants *. »

Prévenons donc une grossière équivoque. Distinguons le rire, phénomène musculaire et nerveux, et le rire, phénomène émotionnel et mental. Alors que ces phénomènes seraient toujours associés, ils ne se ramèneraient pas l'un à l'autre et ne s'expliqueraient pas l'un par l'autre. Mais peut-être se produisent-ils séparément; peut-être y a-t-il un rire purement physique et nerveux, qui doit être rangé parmi les c< réflexes », comme « le rire causé par le chatouillement, le froid, l'ingestion de certaines substances, le rire des hystériques, etc. » (Ribot). Il y a, en tout cas, un rire plus physique que psychique; tel serait, — en dehors des cas cités, si l'on admet qu'ils renferment un élément psychique, — le rire épais, sensuel, celui de la plaisanterie grasse. Inversement, il y a un rire tout intellectuel, ou du moins, plus intellectuel que physique, une gaîté ou une malice qui n'éclate point, ou se révèle tout au plus

1. Psychologie physiologique, tr. Penjon. p. 86, Paris, F. Alcan.

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