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de la population. A chaque nouveau besoin qui entre dans une famille, il s'y procrée un enfant de moins. C'est ainsi, et pour des raisons analogues au fond, que, à chaque progrès de Tameublement et du confortable dans les châteaux féodaux, à partir de la Renaissance, le nombre des domestiquer diminuait. Si donc un pays, dans sa lutte pour l'existence nationale, a besoin de voir croître sa population, il doit s*opposerau développement du luxe sous toutes ses formes. Il doit désirer surtout que le luxe décline sans que les fortunes cessent de grandir, c*est-à-dire qu'il décline par la volonté même des riches sous l'empire de Topinion, et que Tépargne accrue se capitalise en placements dans des industries vraiement utiles à l'intérieur ou à Tétranger. — « Prenez garde de supprimer le luxe, dit quelque part un économiste; comme le cœur humain n'est pas parfait, vous verriez aussitôt grandir l'ambition, la soif du pouvoir. » C'est possible. Mais pourquoi ne pas supposer aussi bien qu'on\ verrait grandir la soif du savoir, les aspirations eslhétiques, et, à défaut de luxe matériel, le besoin de hixc intérieur ou de beau intérieur^ de haute et de délicate moralité, d'art exquis et complexe ? On confond dans la notion vague de luxe i/^ trois choses bien distinctes : le confort, qui consiste en satis-< ^ factions délicates et raffinées données aux besoins nécessaires^ et fondamentaux de l'organisme; le /i/xe proprement ditquii répond, avant tout, aux besoins d'arnour-propre et de vanité, \ de plaisir coûteux, et Vart(\\\\ satisfait l'amour du beau. Par le développement social, ces trois choses accentuent leur différence et leur divergence, d'abord dissimulée. Or, la moins extensible, la moins élastique, des trois catégories de besoins satisfaits de la sorte, c'est la première : le besoin de con-^ fort ne comporte que des limites assez étroites. Bien plus susceptible de s'étendre est le besoin de paraître et de bril-'*^ 1er, source des désirs d*amour-propre et de vanité. Mais l'amour du beau, l'avidité de l'exquis, est de tous les besoins "^ celui qui comporte le plus d'extension et présente le plus
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d'él.aslicilé. C'est donc dans ce dernier sens que, finalement, la production doit trouver son débouché le plus illimité, et où elle doit se précipiter torrentiellement. — Il est à remarquer que. en s'unissant au premier de ces besoins, le troisième donne naissance à une combinaison des plus fécondes, yiart indmlriel, iart décoratif, qui pourrait bien être destiné au plus glorieux avenir et, sous son ombre, étouffer le luxe proprement dit, appelé à décroître ou à disparaître.
Mais n'oublions pas que le plus extensible encore, le plus élastique des besoins humains, c'est la curiosité^ et que l'élargissement du savoir, de la critique, de la pensée est encore la voie où la sève humaine continuera à couler quand toutes les autres branches du désir auront cessé de croître.