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LA MÉTHODE DE LA PSYCHOLOGIE [sidte) DÉïEK.MLNATIOiN DES LOIS PSYCHOLOGIQUES

Les faits une fois recueillis, il reste en effet à déterminer leurs causes, et enfin leurs lois. C'est en quoi consiste finalement l'explication scientifique. Les sciences du monde extérieur obtiennent ce résultat, grâce premièrement au principe du déterminisme, grâce ensuite à des hypothèses appropriées. Voyons comment la science du monde intérieur les imite en ceci, comment elle utilise 1" le déterminisme, et 2° les hypothèses, pour arriver à ses lois.

Abtigle I. — Le déterminisme en psychologie.

I. Sa nature. — L'expérience nous enseigne que les phénomènes de la nature ne se produisent pas au hasard. Ils suivent un ordre, qui, une fois compris, permet de prévoir leur retour et de rendre compte de leur apparition. Le principe de cet ordre est le déterminisme, qui se formule ainsi : dans les mêmes circonstances les mêmes antécédents sont invariablement suivis des mêmes conséquents ; ou encore : un phénomène donné apparaît, disijaraît et varie selon qu'' apparaissent, disparaissent et varient ceux qui le déterminent et lui servent de causes. Pas de science possible sans déterminisme ; et chaque science use d'un déterminisme approprié à son objet : la physique du déterminisme physique, la physiologie du déterminisme physiologique, la sociologie du déterminisme sociologique, etc. Si donc, la psychologie est une science, il lui faut, à elle aussi, son déterminisme. Il lui en faut même plusieurs, en raison de la multiplicité des phénomènes qui interviennent dans le petit monde complexe qu'est l'homme. Il y a lieu de distinguer ici : 1° un déterminisme psycho-physique pour les faits de conscience reliés à des antécédents physiques ; 2» un déterminisme psycho-physiolo-

gique pour les faits de conscience reliés à des antécédents nerveux, c'est-à-dire pour tous, comme nous l'avons vu ; et enfin 30 un déterminisme proprement psychologique pour les faits de conscience reliés à d'autres faits de conscience. Car. tout déterminés qu'ils puissent être par leurs antécédents physiques ou nerveux, ils le sont encore par leurs antécédents psychologiques. Les pensées d'un mathématicien, conditionnées par son cerveau, ne laissent pas de l'être aussi par les lois de son intelligence, qui ne sont pas des lois physiologiques. Tout en dépendant de son corps et de l'univers, la conscience garde sa vie propre, ses fonctions propres et son déLcrminisme propre.

Déterminisme original entre tous. On ne saurait mieux le comprendre qu'en l'opposant au liéterminisme physique et en le rapprochant du déterminisme physiologique. Le déterminisme physique organise les phénomènes matériels selon leur nature, c'est à- dire conformément aux principes de l'inertie et de l'égalité de l'action et de la réaction. Au contraire la conscience, nous l'avons vu, apparaît dotée de spontanéité ; et Wundt a pu dire que ses phénomènes suivent un principe « d'énergie croissante » ; car il y a plus dans le conséquent que dans l'antécédent, plus dans la sensation que dans l'excitation, dans la perception que dans la sensation, dans l'idée que dans la perception, etc. ; de même il y a plus dans la décision que dans ses mobiles et ses motifs. Cela ne veut point dire que tous ces phénomènes se produisent au hasard et, comme Tondit, dans T indéterminisme. Il y a, selon Leibnitz, le grand doctrinaire d.; la spontanéité de l'âme, « des lois de l'action comme de la passion », c'est-à-dire, des lois pour l'activité de la conscience comme pour la passivité de la matière. Le déterminisme psychologique se rapproche ainsi du déterminisme physiologique, qui est déjà celui d'une vie et (Tune activité spontanée. Ce qui domine la vie physiologi(jue, ce sont ses fonctions : les fonctions de circulation, d'as- .similation, de reproduction, par exemple, s'expliqui'ut par autre chose que le mécanisme des éléments physico-chimiques du corps, c'est-à dire par leurs buts, leur utilité, leur aptitude à entretenir et à propager la vie, autrement dit par leur finalité. A fortiori, en est-il ainsi des fonctions psychologiques, plus spon. mues et plus finalistes qu'aucunes fonctions, parce qu'elles réalisent uno vie supérieure. Leur détyerminismc ne peut donc être qu'un dt'tcrminismc finaliste, où les phénomènes s'explifpien t par leurs fonctions, et ces fonctions par leur collaboration aux fins de la vie psychique.

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